‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 106 sur 245 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ARISTIDE, èi part.

Barbote, va, barbote...

CLARA

Et c'est Jacques?

STERNAY.

C'est Jacques qui, au moment où les quatre puissances ne savaient plus où donner de la tête, a eu une idée et l'a communiquée au ministre.

CLARA

Et cette idée était...?

STERNAY.

Cette idée était... bonne, à ce qu'il paraît.

CLARA

Vous ne la connaissez pas?

Non.

ARISTIDE, à part.

Avec ça que le ministre va lui raconter ses affaires...

STERNAY.

Mais ce qu'il y a de certain, c'est que, depuis que Jacques a vu Méhémel-Ali...

ARISTIDE

Je croyais que c'était Ibrahim.

STERNAY.

Méhémet est le père; Ibrahim est le fils.

ARISTIDE, haut.

Et père et fils, c'est la même chose.

STERNAY, apercevant Fressard .

Ah! c'est vous, mon cher monsieur Fressard ? Je ne savais pas qui me parlait; je ne reconnaissais pas la voix de mon oncle.

ARISTIDE

Mais vous répondiez tout de même, emporté par l'amour paterneL Vous allez bien, du reste?

s T E R N A Y , lui tendant la main. Et VOUS?

ARISTIDE

A merveille! Vous disiez donc?... Vous parliez du ïaurus...

Eh bien... je disais qu'il s'agissait d'obtenir de Méhémet- Ali qu'Ibrahim ne franchît pas le Taurus ; c'était une négociation très-difficile, tout le monde avait échoué. Jacques est parti. Je ne sais pas ce qu'il a dit à Méhémet-Ali, mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'Ibrahim a déposé les armes et que la paix est faite. Or, je le répète, la paix faite en Orient, c'est la paix du monde! c'est la civilisation avancée de cinquante ans peut-être! car, voyez un peu...

ARISTIDE

Il s'exerce pour la Chambre...

CLARA, au marquis.

Croyez-vous que tout cela soit vrai, monsieur le marquis?

LE MARQUIS

Je ne sais pas si votre fils, chère madame, a fait absolument tout ce que dit Sternay, mais il a certainement rendu un grand service à son pays. On peut tout attendre d'un homme de cœur à qui le malheur a donné le courage et l'ambition. C'est une preuve de plus qu'il ne faut évaluer un homme que sur son œuvre, quelle que soit son origine. Qui sait si cet enfant du peuple, qui court nu-pieds dans la rue avec les gamins de son âge, n'ajoutera pas un jour une découverte au catalogue de l'humanité, et si ce pauvre petit être, que sa mère fait inscrire en pleurant parmi les enfants sans nom, ne porte pas dans son cerveau la destinée d'un monde! Dieu est partout; laissons-le faire et ne le jugeons

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