‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 107 sur 245 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

que lorsqu'il a fini. L'autre soir, .on parlait de Jacques dans une réunion, et je ne sais qui disait, du bout des lèvres : « Il paraît que c'est un enfant naturel que son père n'a jamais voulu reconnaître. — Tant pis pour son père, a dit l'ambassadeur d Angleterre, qui était présent ; quand on est le fils de ses œuvres, on est de la meilleure famille du monde, et le nom qu'on se fait vaut toujours mieux que celui qu'on reçoit... »

Très-bien! Qu'en pensez-vous, monsieur Sternay?

STERNAY.

C'est très-joli, au point de vue politique peut-être, mais non au point de vue moral et social; et la preuve, puisqu'on ne parle ici que par preuves, c'est que Jacques, quand le ministre lui a fait demander ce qu'il voulait, a répondu qu'il voulait un consulat en Egypte, lui qui maintenant peut prétendre à tout, à la pairie, à une ambassade, si bon lui semble. Or, pourquoi demande-t-il si peu ? Parce que, comme il me l'a dit lui-même, sa naissance le condamne à l'obscurité. Éclairons sa naissance, nous élargirons sa route !

ARISTIDE, en regardant Sternay et à lui-même.

A-t-il assez peur maintenant que son fils ne le reconnaisse pas!

STERNAY, à Clara.

Vous avez VU ma mère?

CLARA

Oui.

STERNAY.

Vous êtes contente d'elle?

CLARA

Elle paraît très- bonne pour moi.

STERNAY.

Elle vous adore. C'est une bonne femme quand on la connaît. Henriette m'a chargé de l'excuser auprès de vous.

Mais elle est auprès ée son père, qui est malade ?

STERNAY.

Oui. >

CLARA

Aristide m'a fait comprendre, d'ailleurs, que, dans les premiers moments, notre position vis-à-vis l'une de l'autre pouvait être embarrassante pour toutes deux, et qu'il était préférable d'attendre.

STERNAY.

Vous êtes dans les idées les plus sensées. Vous avez toujours été une femme supérieure. Ah! c'est étrange de se retrouver ainsi. Bonne Clara ! Ma mère ne vous a pas dit autre chose?

CLARA

Non. Avait-elle quelque chose à me dire?

STERNAY.

Non*, rien.

ARISTIDE, à part, en regardant Sternay.

Il faut que j'aie ton dernier mot, à toi.

STERNAY, à Aristide.

Et VOUS, mon cher monsieur Fressard, vous ne m'en voulez plus?

ARISTIDE

J'aimais Jacques, je prenais parti pour lui.

C'était tout naturel. Vous ne nous avez pas amené votre femme; ça n'est pa& bien. Nous aurions été enchantés de la connaître. Ma mère m'en parlait hier encore.

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