DE P R A I L L E S
Je l'ignore; d'ailleurs, je ne connais pas M. le comte delà Rivonnière, et je venais m'excuser auprès de la marquise de lui manquer de parole. Je suis forcé de retourner à Paris.
DE LIGNERAYE.
Aujourd'hui même?
DE PRAILLES.
A l'instant. J'ai attendu madame la marquise autant que j'ai pu ; mais l'heure me presse, et j'allais lui écrire lorsque vous êtes entré.
DE LIGNERAYE.
Puis-je vous demander, nionsieur, si c'est une mauvaise nouvelle qui vous rappelle à Paris?
DE PRAILLES.
Madame de Prailles m'écrit qu'elle est très-souiïranté. et qu'elle ne peut venir me rejoindre avant deux ou trois jours. Je n'étais venu à Dieppe avant elle que pour retenir un appartement et lui épargner les ennuis d'une installation. Je n'ai donc pas de raison de rester ici lorsqu'elle est souffrante là-bas. .Te ne saurais prendre un plaisir dont elle se trouve privée pour une pareille cause, et, d'ailleurs, je serais trop inquiet.
DE LIGNERAYE.
Ne nous avez-vous pas dit que la mère de madame de Prailles était auprès d'elle?
DE PRAILLES.
Oui, heureusement; mais j'ai le ridicule — dans ce tempsci c'en est un, je crois, — d'aimer ma femme...
DE LIGNERAYE.
Pourquoi n'aimerait-on pas sa femme? on aime bien celles des autres...