‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 210 sur 245 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ALBERTIiNE, DE TOURNAS.

ALBERTINE

Si vous croyez qu'il est facile de mettre de l'ordre dans cette maison-ci, vous vous trompez...

DE TOURNAS

Ces pauvres gensi ils sont domestiques!...

ALBERTINE

Qui est-ce qui n'est pas le domestique de quelqu'un? Avez-vous fait mes commissions?

DE TOURNAS

J'ai vu votre marchande de modes. Vous aurez ce soir votre chapeau, tout pareil à celui de la comtesse de Seyac. Je suis allé chez votre cordonnier, j'ai payé votre note. La voici acquittée, avec la monnaie qui vous revient. Je lui ai dit que vous ne vouliez payer vos bottines de satin que vingt francs... C'est convenu, mais pour vous seule. Sa femme m'a chargé de vous présenter ses respects. J'ai vu votre homme d'affaires. Le comte a reçu de lui quarante mille francs. Il a souscrit une lettre de change de même somme, payable l'année prochaine ; il m'a même chargé d'aller dire à son notaire de l'accepter... ce que je vais faire tout à l'heure; mais je voulais vous voir auparavant 'pour prendre vos ordres...

Le comte ne se doute pas d'où vient l'argent qu'il a emprunté?

DE TOURNAS

Non. Je lui ai présenté votre homme d'affaires comme un ami à moi, trop heureux de l'obliger... au taux légal... sur sa seule signature... et j'avoue même que je serais curieux de savoir quel intérêt vous avez à faire prêter de l'argent à cinq.

ALBERTINE

Soyez sûr que j'en ai un.

DE TOURNAS

Maintenant, il y a d'autres nouvelles...

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