ACTE QUATRIEME
ALBERTtNE.
Quoi doue ?
DE TOURNAS
André est revenu de Venise.
ALBERTINE
Et il est?
DE TOURNAS
A Fontainebleau, dans un hôtel, avec sa femme, depuis huit jours.
ALBERTINE
Gomment avez-vous su cela?...
Par le comte.
ALBERTINE
Le père et le fils se sont vus ?...
DE TOURNAS
Non, au contraire. André n'a pas informé le comte de son retour. Fernand l'a appris indirectement, et c'est lui qui m'a prié d'aller m'assurer si le fait était vrai. Je m'en suis assuré, et je vous en informe à votre tour.
ALBERTINE
Merci!...
DE TOURNAS
Qu'allez- VOUS faire?
ALBERTINE
Emmener le comte. — Il est inutile que nous habitions le même pays.
DE TOURNAS
Vous avez raison ; mais moi ?
ALBERTINE
N'avez-vous pas votre affaire de succession?
352 UN PKRE PRODIGUE.
DE TOURNAS
Plaisantez-moi... c'est généreux!
Non, j'ai prié le comte de s'occuper de vous et de vous trouver une place...
DE. TOURNAS
Une place?... Je vous remercie bien... Cela me fera de la peine de vous voir partir, car je me suis attaché à vous et au comte... à vous surtout. Mais vous me donnerez de vos nouvelles, n'est-ce pas? Le principal est que vous soyez heureuse...
ALBERTINE
Vous êtes un malin, vous!
DE TOURNAS
Parce que?...
ALBERTINE
Parce que vous avez votre idée à mon sujet... et elle n'est pas mauvaise... On ne sait pas ce qui peut arriver. En attendant, vous n'avez pas déjeuné ?
DE TOURNAS
Non.
ALBERTINE
Eh bien, faites-vous servira déjeuner, et puis passez chez le notaire du comte...
DE TOURNAS
Et en même temps j'irai chez Sanfourche, savoir des nouvelles de votre petit chien.
ALBERTINE
C'est cela.
JOSEPH, annonçant.
M. de Ligneraye.