ACTE QUATRIÈME
ses mains.) De la part de saint Albert, votre patron, dont c'est la fête aujourd'hui.
ALBERTÏNE.
Vous choisissez bien votre moment... Je viens de dire à M. de Ligneraye que je vous ai rendu économe.
LE COMTE
Vous aviez raison, et la preuve, c'est que je vous apporte le résultat de mes économies... — Bonjour, mon cher de Ligneraye! je vous demande pardon de ne vous avoir pas vu en
entrant; mais (Montrant Albertine.) VOici mon excuse. (Très-froidement et de môme pendant toute la scène.) Il CSt Vrai qUO, dcpuis longtemps, je n'avais pas entendu parler de vous, et que je ne m'attendais pas à une surprise aussi agréable.
DE LIGNERAYE.
J'arrive de Venise.
LE COMTE
Vous êtes bien heureux, on n'aime que là. — Quand partons-nous pour Venise, madame?
ALBERTINE
Quand vous voudrez.
LE COMTE
Vous savez bien que je vous ai priée de vouloir pour nous deux. (A de Ligneraye.) Venez-vous me demander à dîner?
Impossible; je suis attendu.
LE COMTE
Ce sera pour une autre fois; seulement, hâtez-vous, si vous voulez nous trouver encore à Paris.
DE LIGNERAYE, à lui-même.
Diable! il est froid. — Adieu, mon cher comte.
LE COMTE
Vous nous quittez déjà?
DE LIGNERAYE.
Au revoir, chère madame.
ALBERTINE
Au revoir; bonne chance !
DE LIGNERAYE.
Merci ! (ll sort. Le comte donne la main à de Ligneraye, le retient un instant comme pour lui parler, puis le laisse partir. Il reste pensif en regardant la porte par laquelle est sorti de Ligneraye ; Albertine le regarde un instant.)