LE COMTE, M. DE PRAILLES
DE PRAILLES.
M. le comte de la Rivonnière ?
LE COMTE, écoutant à peine.
C'est moi, monsieur! A qui ai-je l'honneur de parler?
DE PRAILLES.
A une personne qui vous est tout à fait inconnue, et qui
n'a insisté pour avoir l'honneur de vous voir que parce qu'elle esi chargée d'une mission délicate qui ne regarde que nous deux. Je suis l'ami d'une dame qni m'a confié pour vous une lettre que je ne dois remettre qu'à vous seul.
LE COMTE, toujours distrait.
Où est cette lettre, monsieur?
DE PRAILLES.
La voici.
LE COMTE
Le nom de cette dame?...
DE PRAILLES.
Vous reconnaissez l'écriture, sans doute?
LE COMTE, après avoir regardé la lettre.
Parfaitement ; je vous remercie, monsieur.
DE PRAILLES.
Madame de Prailles, car il est inutile de faire entre nous mystère de son nom, m'a prié de lui rapporter la réponse, et, comme il me faut repartir le plus tôt possible, je vous serai reconnaissant de me la donner tout de suite. Veuillez donc lire cette lettre, monsieur; j'attendrai.
LE COMTE
Vous êtes sûr, monsieur, que cette lettre est importante?
DE PRAILLES.
J'en suis sûr.
LE COMTE
Madame de Prailles courrait-elle un danger?
DE PRAILLES.
Peut-être!... (Le comte sonne, Joseph parait.) LE COMTE.
Remettez cette lettre à M. le vicomte et dites-lui que, s'il