‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 226 sur 245 · ACTE QUATRIÉiMÉ · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÉiMÉ

croit devoir faire une réponse, il la fasse. (De Praïues reprend

la lettre dan^ la main du comte et se dirige vers la porte. — Le comte, se plaçant devant la porte, à Joseph.) SorteZ, JosCph ! (Joseph sort.

— A de Praiiies.) Vous ôtes ici cliez moi , monsieur; où allez-vous?

DE P R A 1 L L li S.

Je vais remettre moi-même cette lettre à l'homme à qui elle est écrite, et que je veux connaître !

LE COMTE

Parce que ?

DE P II A 1 L L E S , ne se contenant plus.

Parce que cet homme est l'amant de ma femme, monsieur!

LE COMTE

Alors, vous êtes M. de Praiiies?

DE PRAILLES.

Oui, monsieur. Je vous demande pardon du mouvement que je me suis permis chez vous, mais vous êtes un homme d'honneur et vous comprenez qu'il est des sentiments auxquels on ne résiste pas. Laissez-moi donc passer, monsieur, car, cet homme fùt-il votre meilleur ami, vous ne pouvez m'empêcher de le connaître.

LE COMTE

Pardon, monsieur, pardon ! mais je ne crois pas que vous soyez M. de Praiiies.

DE PRAILLES.

Qui vous en fait douter, monsieur?

M. de Praiiies ne se serait pas donné la peine d'apporter cette lettre cachetée, il l'aurait lue.

DE PRAILLES.

Non, monsieur; je l'ai trouvée par hasard dans les papiers de madame de Prailles, qui était absente pour plusieurs jours; cette lettre était écrite déjà depuis quelque temps, elle était cachetée. A mon avis, un homme d'honneur ne décachette pas une lettre adressée à une autre personne que lui, cette lettre fût-elle écrite par sa femme ; mais il a le droit de la porter à son adresse, surtout quand l'adresse porte un nom qui lui est inconnu et que ce nom est un nom d'homme.

LE COMTE

Vous êtes bien M. de Prailles, vous êtes bien le gentilhomme dont on m'avait parlé ; maintenant, voulez-vous me permettre, monsieur, puisque je suis mêlé à cette histoire, de vous demander ce que vous comptez faire ?

DE PRAILLES.

Je compte donner cette lettre à celui à qui elle est écrite, et, lorsqu'il l'aura lue, le sommer de me la communiquer.

LE COMTE

Et s'il refuse?

DE PRAILLES.

S'il refuse, je le soufflette et je le tue, je vous en réponds !

LE COMTE

Toute ruse est permise, monsieur, lorsqu'il s'agit de l'honneur d'une femme ; vous avez employé une ruse en vous présentant comme l'ami de madame de Prailles; mais vous étiez* plus ému que vous ne vouliez le laisser paraître, je me suis douté d'un piège et j'ai employé une ruse aussi. Il n'y a personne dans cette chambre ; monsieur, cette lettre est pour moi, veuillez me la donner.

DE PRAILLES, la donnant.

La voici, monsieur; et maintenant?

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