SCÈNE XIII
Les Mêmes, LUCIEN.
LUCIEN , entrant.
Vous m'avez permis de venir vous dire bonsoir, madame. — Vous pleurez ?
CLARA
Oui, j'ai un grand chagrin auquel je m'attendais pas.
Je m'en doutais, et c'est pour cela que je suis venu tout de suite dès que M. Sternay a été parti.
CLARA
Vous savez pourquoi je pleure, et vous connaissez M. Sternay.
• LUCIEN
J'ai rencontré M. Sternay plusieurs foi^ dans le monde ; je savais ce qui existait entre vous et lui. Je ne vous en ai jamais parlé, parce que vous ne m'en parliez pas; mais je l'ai vu venir souvent ici, et, comme, excepté lui , vous ne receviez personne, il n'était pas difficile de deviner le reste. D'ailleurs, c'était le secret de toute la maison ; ce qui arrive aujourd'hui devait arriver tôt ou tard, et, depuis quelques jours surtout, chaque fois que je venais vous voir, je m'attendais à vous trouver dans l'état oii vous êtes.
CLARA
Alors, vous savez ce que M. Sternay est venu me dire ?
LUCIEN
Il est venu vous dire qu'il partait pour se marier.
CLARA , se levant.
Pour se marier !
LUCIEN, à part.
Elle ne le savait pas !
CLARA, les yeux séchés tout à coup.
Et moi qui n'avais rien deviné ! (a madame cervais.) Donnemoi un châle et un chapeau. — Vous venez de me faire bien du mal sans vous en douter, monsieur Lucien ; mais je vous remercie. (EUe met son châie et son chapeau.) Je rcvicns tout de
suite; aie bien soin du petit. (EUe ramasse les papiers que Charles
lui a remis.) S'il m'a menti, c'est un misérable! (Eiie sort.)