‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 67 sur 245 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

connaît pas! — Il est riche... D'où lui vient cette fortune?... D'un jeune homme, d'un enfant qui se mourait, et qui, dominé par la mère de M. Jacques, lui a laissé en mourant tout ce qu'il possédait. »

CLARA

Jacques!

JACQUES, qui commence à ne plus se contenir.

Voilà ce que, depuis vingt ans, on a dû dire autour de moi sans que je l'entende, voilà ce que j'entendrai , maintenant que je connais la vérité.

CLARA

J'étais une pauvre fille sans instruction, sans connaissance du monde, je t'gdorais; que fallait-il faire?

JACQUES, éclatant.

Il fallait accepter l'aumône de mon père, plutôt que le don d'un étranger, n'eussiez-vous eu à me donner que du pain et de l'eau; puis, quand j'aurais été en âge de comprendre et de travailler, il fallait m'avouer toute la vérité et faire de moi un ouvrier obscur, sans autre ambition que son pain de chaque jour, sans autre éducation que le respect de sa mère et l'honnêteté de sa vie; si vous n'aviez pas de quoi me nourrir, il fallait me mettre dans un hospice, il fallait me casser la tête sur un pavé, mais il ne fallait pas faire de moi un faux gentilhomme affublé d'un nom d'emprunt, vivant sans pudeur et sans honte d'un double déshonneur.

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