‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 68 sur 245 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes, ARISTIDE.

ARISTIDE, qui est entré pendant les derniers mots, levant la main sur .Tacques.

Misérable!...

Monsieur!

JACQUES , avec colore.

ARISTIDE, le regardant en face.

Oh ! tu ne me fais pas peur. Je te répète que l'homme qui insulte une femme est un lâche, mais que l'homme qui insulte sa mère est plus misérable qu'un laquais et un voleur. Ne dis pas un mot, ne fais pas un geste... je t'étrangle comme un chien! — Que je suis bête, moi! je m'emporte... un notaire... et la situation est impossible. (Prenant Jacques par le bras.)

Allons, va embrasser ta mère, imbécile.

JACQUES, se jetant aux pieds de sa mère.

Ah ! VOUS avez raison, je suis un misérable.

CLARA

Mon pauvre enfant!

JACQUES , tendant la main à Aristide et s'adressant toujours à sa mère.

Pardonne-moi, pardonne-moi, je t'en prie!

CLARA

Oui! je te comprends et je te pardonne.

JACQUES

J'ai eu un moment de folie, mais je m'attendais si peu à cette nouvelle!... maintenant, je suis calme, et nous ne parlerons plus jamais de cela. Mais j'ai besoin de pleurer encore un peu. J'allais avec tant de confiance dans la vie ! Cet homme a été cruel pour moi. Un père!... C'est étrange!... peut-être est-ce ma faute? Il me semble cependant qu'un mot de lui eût suffi pour que je l'aimasse depuis vingt ans; mais, quand il m'a dit si tranquillement qu'il n'avait jamais eu d'enfants, quand je me suis vu si simplement et si facilement rayé de sa vie, j'ai éprouvé une sensation intraduisible, j'ai eu le cœur comme inondé de glace tout à coup; enfin, il paraît que la vie a de ces épreuves-là. Il me reste la conscience que je suis un honnête homme et votre amour, n'est-ce pas, ma mère?.,, car tu me pardonnes, et tu m'aimes...

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