SCÈNE II
LE MARQUIS, STERNAY.
STERNAY.
Je connais cette figure-ià. Quel est ce monsieur, mon oncle?
LE MARQUIS
C'est un notaire... c'est mon notaire.
STERNAY.
Je l'ai vu quelque part.
LE MARQUIS
Tu as dû le voir. Tu dînes avec nous ?
Oui, oui! ainsi que la marquise, ma femme et ma nièce. Vous avez reçu ma lettre?
LE MARQUIS
Oui, et j'ai invité quelques personnes pour que vous ne
vous ennuyiez pas trop et pour fêter ton retour, car voilà près d'un an que nous ne nous sommes vus.
STERNAY.
Onze mois !
LE MARQUIS
Et vous avez fait un bon voyage ?
STERNAY.
Superbe, et qui a fait beaucoup de bien à Henriette. Ce golfe de Naples est magnifique. Et vous, qu'est-ce que vous êtes devenu pendant ce temps-là ?
LE MARQUIS
La Chambre, quelques travaux de commissions, une promenade achevai ou en voiture, la chasse,^ mes livres, deux ou trois bons amis : voilà.
SJERNAY.
Eh bien, moi, mon cher oncle, vous me voyez avec des idées nouvelles.
LE MARQUIS
Ah! ah!
Je viens vous les communiquer et vous demander vos conseils. Vous savez combien je vous aime et quelle confiance j'ai dans votre expérience et votre sagesse.
LE MARQUIS
Tu es bien bon. Je t' écoute.
STERNAY.
J'ai quitté les affaires. i
LE MARQUIS
Depuis longtemps ?
STERNAY.
Depuis six mois.