‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 76 sur 245 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE MARQUIS

Est-ce qu'elles étaient mauvaises?

STERNAY.

Excellentes; mais j'ai trouvé à réaliser un beau bénéfice, et puis je voyageais! J'ai vendu ma part.

LE MARQUIS

Ta mère le désirait?

STERNAY

Oui.

LE MARQUIS

Et quand elle veut une chose...

Elle le veut bien, je vous en réponds.

LE MARQUIS

Du reste, elle n'a pas à se plaindre. Tu as toujours été très-soumis.

STERNAY.

Ohl mon Dieu, en somme, c'est une femme d'un grand sens et d'une grande vertu.

LE MARQUIS

Oui, oui.

STERNAY.

J'ai donc vendu ma part. Ai-je eu tort?

LE MARQUIS

Tu as eu raison.

STERNAY.

Vous m'approuvez ?

LE MARQUIS

Je t'approuve.

STERNAY.

Vous ne vous moquez pas de moi ?

LE MARQUIS

A quel propos?

Cela vous est iirrivé souvent. Me voilà donc libre! Que faire? 11 m'est venu une idée.

LE MARQUIS

Qui est?

STERNAY.

Qui est une idée d'ambition.

LE MARQUIS

Tiens, tiens!

STERNAY.

Mais de cette ambition qui pousse de quarante à cinquante ans.

LE M An QUI s.

Avec le ventre?

STERNAY.

Justement. C'est ennuyeux de ne pas être Quelque chose. On s'en aperçoit quand on voyage; il n'est plus permis à un homme de mon âge de ne pas être au moins membre du conseil général et décoré.

LE MARQUIS

Tu veux avoir de la garde nationale à ton enterrement, je te vois venir.

STERNAY.

Enfin je vois tant d'imbéciles qui ont des positions...

Que tu dis que tu y as tout autant de droits qu'eux.

STERNAY.

Vous me comprenez?

LE MARQUIS

Parfaitement.

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