ACTE TROISIÈME
STERTMAY.
Vous auriez fait cela ?
HENRIETTE
Pourquoi pas?
STERNAY.
Mais la mère n'eût pas abandonné son fils.
HENRIETTE
C'est vrai, on ne pense jamais à la mère dans ces cas-là. Eh bien, monsieur, il fallait épouser la mère. Cela eût probablement mieux valu pour tout le monde.
STERNAY.
H-ENRIETTE.
Enfin il ne s'agit plus du passé. Quels sont vos projets maintenant?
STERNAY, naïvement.
Qu'est-ce que vous me conseillez ?
HENRIETTE
Je vous conseille de faire tout au monde pour sortir de la position où vous êtes, qui serait honteuse si elle n'était pas ridicule, car vous étiez ridicule tout à l'heure, monsieur, en présence de votre fils; cette situation se renouvellera toutes les fois que vous vous trouverez ensemble.
STERNAY.
Je ne pouvais rien dire devant ma mère, devant vous et surtout devant Hermine, qui doit ignorer ces secrets de famille; car vous désirez qu'elle les ignore ?
HENRIETTE
Évidemment; mais il faut trouver un moyen de la marier tout de suite avec votre fils, puisqu'elle l'aime toujours.
STERNAY.
Trouvons-le, je ne demande pas mieux.
HENRIETTE
Qu'est-ce que c'est que la mère?
STERNAY.
Quelle mère?
La mère de votre fils, quelle femme est-ce?
STERNAY.
C'est vrai, vous ne la connaissez pae.
HENRIETTE
Où voulez-vous que je l'aie connue? Je vois seulement comment elle a élevé son fils, et, à la juger par là, ce serait une honnête femme.
STERNAY.
Clara? C'est la plus honnête femme du monde.
HENRIETTE
Merci. Eh bien, alors, monsieur, qu'est-ce que vous attendez?
STERNAY.
Pour...?
HENRIETTE
Pour sauter au cou de votre fils et pour lui donner votre nom.
STERNAY.
J'attends! j'attends! Vous voyez les choses comme une femme, avec votre cœur; moi, je les vois avec ma raison.
HENRIETTE
Les rôles sont intervertis, alors; mais votre raison, votre égoïsme même, vous engagent à reconnaître votre fils et à lui donner votre nom.
STERNAY.
Vous crovez ?