‹ Comédies et proverbesChapitre 10 sur 304 · SPINETTE · texte numérisé non relu

SPINETTE

J'ai tait tout ce que tous m'aviei ordooaé.

Tu mettrag sur cette chaise mes vâtemeuts de nuit , el tu me laisseras seule, ma chère enlaat

SPIKËTTE,

Oui , madame.

LUCRÈCE , à ton prie-Dieu.

Pourquoi m'os-tu chargée du bonheur d'un autre, ô ntoD Dieu ? S'il dc s'était agi que du mien , je ne l'aurais pas dé- Tendu , je ne t'aurais pas disputé ma vie. Pourquoi m'as-tu eonfié la sienne?

Ne cesserei-T«ug pas , ma chère maitresse , de prier et de pleurer ainsi? Vos yeui son gonHés de larmes, et depuis deui jours TOUB s'aTez pas pris un moment de repos.

L'ai-je acecmplie , ta fatale mission ? ai-je sauvé aon âme en me perdant pour lui? Si tes bras sanglants n'étaient pas clnués sur ce crucifix , d Christ , me les ouvrirais-tu? SPineTTE.

Je ne puis me retira. Comment vous laisser seule dans l'étot où je vous vois 7

LUCDÈCE.

Le puoiras-tu de ma faute ? Ce n'est pas lui qui est coupable; il n'a flttoeneé aucun serment sur la terre; il n'a pas trahi son épouse j il n's point de devoirs, point de famille; il u'a rien fait qu'aimer et qu'être aimé.

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ANDRÉ DEL SÂRTO.

Orne heures todI sonner.'

LDCRÈCE.

Âhl Spiiielle,ne m'abandonne pael Mes larmes ['aflligent , mon enfant? H faut pourlaat bien qu'elles coulent. Crois-lu qu'oD perde sans soulTrir tout son repos et son bonheur? Toi ■ qui lis dans mon cœur comme dans le tien , toi pour qui ma vie est an livre ouvert dont tu connais toutes les pages, erois-tu qu'on puisse voir s'envoler sans regret dii ans d'innocence et de tranquillité?

Que je vous plains !

LDCRÈCE.

Détache ma robe ; onze heures sonnent. De l'eau , que je m'easuieleayeui; il va venir, Spinetlel Mes cbeveui (ont4ls en désordre? ne suia-je point pâle? Insensée que je suis d'avoir pleuré I Ma guitare 1 place devant moi cette r<Hnaoc«! elle est de lui. il vient, il vient, ma chère! Suis-je belle, ce soir? lui plairai-je ainsi ?

CNB SERVANTE , Milranl.

HouseigiMur André vient de passer dans l' appartement; il demande si l'on peut entrer ches vous.

IHDBÉ, entranl.

Bonsoir, Lucrèce; vous ne m'allendiei pas 6 celle heure, n'est-il pas vrai ? Que je ne vous importune pas, c'esl tout c« que je désire. De gribe, dites-moi , alliez-vous renvoyer vos femmes ? j'attendrai , pour vous voir , le moment du souper.

LOCRÈCE.

Non , pas encore, non , en vérité 1

ANDRÉ, eniranl.

Les moments que nous passons ensemble sont si rares 1 et ils me sont si ehersl Vous seule au monde, Lucrèce, me consoles de tous les chagrins qui m'obsèdent. Ah 1 si je vous perdais 1 Tout mon courage , toute ma philosophie est dans vos jeui.

Il l'appntfM de la ftattr» tt johMm le ritUai. Â part.

Grémio eti en bas, je l'aperçois.

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