ACTE IV, SCÈNE IV
Ternanle , pour que vous ue sachiez pas que la mailresse d'uD roi parle ordhiaireraent d'autre r^ose que de patrioHsme?
LA MUIQDIW.
J'avoue que I'od ne m'a jaranis appris bien nettraoent de quoi devait parler la matireœe d'un roi ; j'ai Bé(;Ugé de m'iu- Btruireflur ce point, comme aussi, peut-être, de manger du riiponr in'engraisser, b la mode turque.
Il ne flaul pas une grande science pour ^rder ua amant on pen pins de trois jours.
> ht MtHQniSE.
Qu'un prèlreedl appris cette icienae h une femme, cela efll été fort simple; que de m'avei-Toas couseilléef
Veulez-f ODS que je vous conaeiUe? Preuei vetre manteau , et allez tous glisser dans l'alcôve du duc. S'il s'altend à des phrases en vous voyant, prouvez-lui que tous savez n'en pas faire à toutes les heures ; soyez pareille à une somnambule , et faites en sorte que s'il s'endort sur ce cœur républicain , ce ne soit pas d'ennui. Etes-vous vierge? n'y a-t-il plus de vin de Chypre? n'avez-vous pas au fond de la mémoire quelque joyeuse chanson?. n'sTei-vous pas lu l'Arétin?
L^ KABQEISE.
O ciel! j'ai entendu murmurer des mois comme ceux-là à de hideuses vieilles qui grelolent eue le Marché-Neuf. Si vous n'êtes pas un prêtre , êtrâ-vous nn homme? êtes- vous sâr que le ciel est vide, pour faire ainsi rougir votre pourpre ellemême?
11 n'y a rien de n vertueux que l'oreille d'une femme dépravée. Feignes ou non de me comprendre, mais sonvenei- TouB que mon frère est votre mari .
U XtHQUISE.
Quel intérêt vous avez à me torturer ainsi, voilà ce que je ne puis comprendre que vaguement. Vous me fkites horreur ; que voulex-vous de moi?
Il y a des secrets qu'une femme ne doit pas savoir, r qu'elle peut laire prospérer en en sai^nt les éiénaenis.
D,niz=rtNGoogle
u MutijciaE.
Quel fli myslérieui de vos Bombres peoséei voudriei-vous ■ne faire tenir? Si vos désirs sont aussi eiïrayants que vos meaaoes, parles; inoDb«i-moi du moins le cbeveuqui su^iend l'épée sur ma léte.
Je ne puis parler qu'en lermes couverts , par la raison que je ne suis pas sûr de vous. Qu'il tous sutflse de savoir qite si vous eussiez été une autre femme, vous seriez une reines l'heure qu'il esl. Puisque vous m'appelez l'ombre de César, vous auriez vu qu'elle esl assez grande pour iateroepler le soleil de Florence. Savei-vous où peut conduire un sourire féminin? Savez-yous où vont les fortunes dont les racines poussent dans les alcôves? Alexandre est fils du pape, apprenei-Ie; et quand le pape était à Bologne... Hais Je me laisse enlralner trop loin.
LÀ MARQUISE
Prenez garde de vous confesser h voire tour. Si vous élc« frère de mon mari , je suis matiresse d'Alexandre.
Vous l'avez élé , marquise, el bien d'antres aussi.
u HABQDISE.
Je l'ai été , oui , Dieu merci , je l'ai élé.
LE CABDINIL.
J'étais sûr que vous commenceriez par vos rêves; il faudra entendant que vous en veniez quelque jour aux miens. Ecoutez-moi, nous nous querellons assez mal à propos; mais, en vérité, vous prenez tout ait sérieui. RécoDciliet-vous avec Aleiandre, et puisque je vous ai blessée tout à l'heure en vous disant comment, je n'ai que faire de le répéter. 'Laissez>Tous conduire; dans un an , dans deux ans, vous me remercierez. J'ai travaillé longlempe pour élre ce que je suis, et je sais où l'on peut aller. Si j'étais sur de tous, je vous dirais des ehoses que Dieu lui-même ne saura jamais.
LA MABQDISE.
N'espérez rien, et «oyez assuré de mon mépris.
ElU twK sortir.
Un inslanl 1 pas si vitet N'entendez-vous pas le bruil d'un cheval? mon frère ne doit-il pas venir aujourd'hui ou de-
D,niz=rtNGoO«j[c