ACTE V, SCÈNE I. 1T
ciOHO , à du volsti qui fniuemnt la talU. Répandei du aable autour de la porte , et D'épai^Dei pas le vin plus que le reste.
RUCGELUl.
Pauvre peuptel quel badaud on Tait de loil
Allons , messieura , aux voii. Voici tos billets.
CAme est en eflet le premier en droit après Alexandre; c'est son ptiM procbe parent.
icaAitJOLi.
Quel homme est-ce? je le connais fort peu.
C'est le mdlleur prince du monde.
oDicaiHDiNi.
Hé, hé, pas tout à fait cela. Si tous disiez le plus diffus et le plus poli des priuces , ce serait plus vrai.
SIRE VIDRIGE.
Voa voii , seigneurs.
HncCELLAi.
Je m'oppose à ce vote formdlement, et au nom de tons les citoyais.
vFrroHi.
Pourquoi f
KCtXELLld.
Il ne faut plus à la république ni princes, ni ducs, ni aeigoeuTs; TMcî inon vote.
H montré ion biStt blanc.
Votre voit n'est qu'une voii. Nous nous passeroDS de tous.
BOCCELLAÏ.
Adieu donc; jem'en lave les mains.
GDicaiRDini , courant aprit lui.
Eh t mon Dieu , Palla , vous êtes trop violent.
RtICCELLAÏ.
Laiesei-moi', j'ai soixante-deux ans passés; ai nù vous ne pouvez pas me faire grand mal désormais.
n diplit les bilMa jetés dan* vn bonnet. Il ; a unammité. Le courrier est-il parti pour Trebbio ?
Oui, Excellence. CAme sera ici dans la inatiDéede demaia, ■ moias qu'il ne refuse.
VETTomi.
Pourquoi refuserait-il î
Ah I mon Dieu ! s'il allait refuser, que dev iendrions-BOUSÎ quinie lieues A faire d'ici à Trebbio pour tronver Cdme, et autaot pour revenir, ce serait une journée de perdue. Nous aurioDBdd choisir quelqu'un qui fût plus prés de nous.
Que voulei- vous? notre vote est fait, et il est probable qu'il acceptera. Toul cela est étourdiwBnt.
Ibamlml.
SCËNE 11.
A VoiM».
t-HILlf PE STaOZZI dans ton eMntt.
J*en étais sûr. — Pierre est eu correspondance avec le roi , de France; le voilà à la léte d'une espèce d'armée, et prêt k mettreleboui^B feu et A sang. C'est donc U ce qu'aura lait ce pauvre nom deStrom, qu'on a respecté si longtempsi il aura produit un rebelle et deux ou trois massacres. 0 ma Louiscl tu dors en paiisous legaion; l'oubli du monde entier est autour de toi , cooime ^ toi , au fond de la trisle vallée où je l'ai laissée.
On frappe à la porta.
Enlrei.
Entre Lorenta.
LOBENZO.
Phili]^] je t'apporte le plus beau joyau de ta couroaoe.
Qu'esl-oea„0 lu jettes là? une el^?
LOBBIUO.
Celle clef ouvre ma diambre, et dans nu chtmiMV est Alexandre de Médicn, morldeJa main que voilà.
Vraiment 1 Trainrent I cela est incroyable.
Crois-le u lu veux. Tu le saura» par d'autres que par moi.
PHiuPFE , prenanl la eltf.
Aleiandre est mort I cela etUil posaiMef
LOKENIO.
Que dirais-tu , si les républicains t'afTraient d'être doc h si • place?
tHIUFFE.
Jeid'usef«is,nionanii.
Vraiment I vraiment I cela e»t incniyable.
Pourquoi? cela est loul simple pour moi.
LOKEMO.
Comme pour moi de tuer Alexandre. Pourquoi ne v«ui-la pas me croira?
PHILIPPE
0 notre nouveau Bruluil je te crois et je t'embrane. La liberté est donc sauvée 1 Oui, je le crois, tu es tel que tu me l'as dit. Donoe-moi ta main. Le duc est mort I ah I il n'y a pas debainedans ma joie; il n'ya que l'amour le pins pur, le plus sacré pour la pairie ; j'en prenije Dieu à témoin.
LOHENZO.
Allons, calme-toi; il n'y a rien de »auvé que moi , qui ai les reins brisés par les chevaux de l'évêque de Marzi.
PHILIFFE.
N'as-tu pas averti nos amis? n'ont-iU pas l'épée à la main à l'heure qu'il est?
Je les ai averlis ; j'ai frappé k toutes les portes républicaines avec la conslance d'un frère quêteur ; je leur ai dit de frotter leurs épées; qu'Alexandre serait mort quand iU s'éveilleraient. Je pense qu'à l'heure qu'il est ils se sont éveillés plus d'une fois,et rendormis à l'avenant. Hais, eavérilé,jo ne pense pas autre cliose.
A tout le moade; ]e l'aurai» dit, je crois, à la lune, tant j'étais sûr de n'être pas écouté.
FHIUPPE.
Comment l'entends-tu?
LaREnzo.
J'enlends i]u'ila ont haussé les épaules , et qu'ils sont retournés à leurs dinera , A leurs cornets et à leurs femmes.
PBILIPPE.
Tu ne leur as donc pa» expliqué l'aflaire ?
LOBEIfXO.
Que diantre voulei-vous que j'eipliqae? cro;«ï-Tous que j'eusse une heure A perdre avec diacun d'eux? Je leur ai dit ; Préparez-Toas ; et j'ai lait mon coup.
PBiLipre.
Et tu crois que les Pazd ne font rien? qu'an sais-tu? Tu n'as pas de nouvelles depuis ton départ, et il ; a plusieors jours que tu es en route.
IGdi de temps A autre , quand ils ont le gosier sec.
Tu soutiens la gageure ; ne m'as-tu pas voulu parier ce que tu me dis là? sois tranquille ; j'ai meilleure espérance.
Je suis tranquille , frins que je ne puis dire.
PHILIPPE
Pourquoi n'es-tu pas sorti , la tête du -duc à la main? le peuple t'aurait suivi comme son sauveur et son dief.
LORGKZO.
Tai laissé le cerf aux chiens; qu'ils basent eui-mêmea la ' curée.
PHILIPPE
Tu aurais déifié tes hommes, si tu ne les m^isais.
LOVEHZO.
Je ne les méprise point ; je les connais. Je suis très-persuadé qu'il yen a lrèg-pci> ^^ très.méchanls , beaucoup de Uehes,
et un grand nombre d'indifférenU. Il yen a au«si de féroc comme les habiUnU de Pisloie , qui ont trouvé dans cette faire une petite occasion d'égorger tous leurs chanceliers plein midi, au milieu des rues. J'ai appris cela il n'y a pasi heure.
PBIUPPE.
Je anis plein de joie et d'espoir; le cœur me bat mal
Puisque tu n'en sais rien , pourquoi en paHes-tu ainsi ? Bnrémenl tous les hommes ne sont pas capables de grau choses , mais tous sont sensibles aux grandes dioees : niet l'histoire dn monde entier? Il faut sans doute une étinc pour allomer une forêt ; mais l'étincelle peut sortir d'un c iou, et la forêt prend feu. C'est aiusi que l'éclair d'une » épée peut illuminer tout un siècle.
Je ne nie pas l'histoire; mais je n'y étais pas.
Laisse-moi t'appeler Brutus ; si je suis un rérer , laissece rére-là. 0 mes amis , mes compalriotesl voua pouvex 1 un beau lit de mort au vieux Strozzi , si voua voulez I
Pourquoi ouvrez-vous la fenêtre?
Ne vois-tu pas sur cette roule u étrier! Mon Brutus! mon grand Lorenzol la liberté est < le ciel ; je la sens , je la respire,
Philippe I Philippe 1 point de cela; fermez votre (éoi toutes ces paroles me font mal.
PHIUPPE.
Il me semble qu'il y a un attroupement dans la rue crieur lit une proclamation. Holà , Jeani allez acheter U pierdeoecrieur.
LOBENZO.
a Dieu! ADieul
IgO IX>HENZACC10.
FHII.UPE.
Tu dciieiie pile comme un mort Qu'as-tu donc?
ffai-iu rieu entendu?
Vn domeiliqut tntre, apportant la prottamation.
PHILIPPE
Non; lis donc un peu ce papier, qu'on criait dsn» la rue.
LOBENIO, lifonf.
1 A louthonioie , noble ou roturier , <]ui tuera Lorenio de
a Hédicis, battre à la patrie et assoBsin de «on maître , en
■ quelque lieu et de quelque manière que ee soit , sur toute la
• Burface de l'Italie , il est promis par le conaeil des Huit à
■ Florence: l'quatremille florinsd'orBausaucunerelenue; 1 )• une rente décent florins d'orpar an , pour lui durant m k vie, et ses héritiers en ligne directe après sa mort; 3° la
> permission d'exercer toutes les magîstraturM , de posséder
> tous les bénéOees et privilèges de l'Ëtat, malgré sa naissance
• s^ti est rolurier; A" grlces perpétuelles pour toutes sesifanies,
• passées et futures, ordinaires et extraordinaires. •
Signé de la main des Huit.
Eh bien , Philippe I vous ne vonlief.paa croire lout à l'heure que j'avais tué Alexandre? Vous voyes bien que je l"ai tué.
PHIUPPE.
Silence! quelqu'un monte l'escalier. Cache-toi dans cette diambre.
Ht torteM.