ACTE SECOND
Entrtnt OCTAVE tl CIUTA.
OCTAVE
11 f renonce, dites-vous?
CIGTl.
Hélas! pauvre jeune homme! il aime plus que jamais, et sa mélancolio se trompe elle-même sur les désirs qui la nourrissent. Je croirais presque qu'il se défie de vous , de moi , de tout ce qui l'entoure.
Non , par le ciel ! je n'; renoncerai pas ; je me sens moimême une eulre Marianne, et il y a du plaisir à être cntélé. . Ou Cœlio réussira, oaj'; perdrai ma langue.
Agires-vous contre sa volonté?
Oui , poar agir d'après la mienne , qui est sa sœur aînée, et pour envoyer aux enfers messer Claudio le juge, que jo déteste , méprise et abhorre depuis les pieds jusqu'à la tête.
ClOT*.
Je lui porterai donc votre réponse , et , quant à moi , je cesse de m'en mêler.
208 LES CAPiUCii:^ DE MAttlANNE.
Je egis comme uu faoïnme qui tient la banque d'uo pharaon pour le compte d'un autre, et qui a la veine contre lui; il noierait plutât son meilleur ami que de céder , et la colère de perdre B«ec l'argent d'autrui l'eaflammeoent fois plus que ne le ferait sa propre ruine.
£fUrt Calio,
Comment, Ccelio, tu attandonoes la ]wrtiel
Que TCui-tu que je fasse?
Te défles-lu de moi? Qu'as-tu? Te voilà pâle comme la neige. — Que se pasM-t-it en toif
Pardonne-moi , pardonne-moi ! Fais ce que lu voudras; va trouver Marianne. — Dis-lui que me tromper, c'est me donner la mort, et que ma vie est dans ses yeui.
71 lort.
Par le ciel , voilà qui est étrange!
CIDTA.
Silence I vêpres sonnent; la grille du jardin vient de s'ouvrir ; Marianne sort. — Elle approche lentement.
Ciula it retire.
Entre Xarianne.
Belle Marianne, vous dormirez tranquillement. — Le cœur deCœlioestà une autre, et ce n'est plus sous vos fenêtres qu'il donnera ses sérénades.
Quel dommage! et quel grand malheur de n'avoir pu partager un amour comme celui-là l Voyez I comme le hasard me CDnlrariel Moi qui allais l'aimer.
En vérité?
MAHIiNNE.
Oui , sur mon âme, ce soir ou demain malin, dimanche su plus lard, je lui appartenais. Qui pourrai! ne pas réussir avec uu ambassadeur lel que vous? Il faut croire que sa passion
i,CÙHl«^[c