ACTE il , SCËNE
pour moi ëlait quelque chose comme du chinoU on de l'arabe, puisqu'il lui falUll un ioterprÈte , et qu'elle ne pouvait s'eipliquer toute seule.
RaitleE , railles ! doub ae vous craignous plus.
NitHIANNE.
Ou peol-étre que cet amour n'était encore qu'un pauvre
enfanta la mamelle, et voue, comme une «a ge nourrice, en
le menant à la lisière, vous l'aurex laissé tomber la tête la
première en le promenant par la ville.
Le sage nourrice s'est contentée Ae lui faii'e boire d'un certain lait que la vdtrc vous a versé sans doute , et généreusement ; vous en avez encore sur les lèvres «ne goutte qui se mêle à lonles vos paroles.
Comment s'appelle ce lait merveilleux?
L'indirTérenre. Vous ne pouvez ni aimer ni haïr, et vous ïlee comme les roses du Bengale, Marianne, sans épine et
Bien dit. Aviex-vaus préparé d'avance celle comparaison 7 Si vous ne brillez pas le brouillon de vos harangues, donnezle-moi , de grâce , que je le» apprenne à ma pcrruclic.
OCTiïE.
Qu'y trouvez-vous qui puisse vous blesser ? Une flear sans parfum ii'en est pas moins belle ; bien au contraire , ce sont les plus belles que Dieu a faites ainsi ; et le jour où, comme une Gslalée d'une nouvelle espèce , vous deviendrez de marbre au fond de quelque église , ce sera une charmante sbtue que vous ferei , et qui ne laissera pas que de trouver quelque niche respectable dans un confessionnal.
Hon cher cousin , est-w que voue ne plaignez pas le sort des femmes? Voyez un peu ce qui m'arnve. Il est décrété par le sort que Cœlio m'aime, ou qu'il croit m'aimer, lequel Cœlio le dit à ses amis, lesquels nmis décrètent k leur tour que, gous peine de mort , je serai «a maîtresse. 1^ jeunesse napolitaine daigne m'envoyer en voire personne un digne représentant,
chai^ de me Aiire savoir que j'aie à aimer ledit seigneur Cœtio d'iû 6 une huitaine de jours. Pesez cela , je vous en prie. Si je me rends , que dira-t-on de moi? N'esl-ce pas une femme bien abjecte que celle qui obéit k point nommé , à l'heure convenue, â une pareille propi>sitiou ? Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer au doigt, et faire de son nom le refrain d'une chanson à boire? Si elle refuse, au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable? Est-il une statue plus froide qu'elle ? et l'homme qui loi parie , qui ose l'arrêter en place publique son livre de messe fa la main, n'at-il pas le droit de lui dire : Vous êtes une rose dti Bengale , sans épine et sans parfum?
Cousine, Cousine , ue >dus fâchez pas.
HtUIlNNE.
N'est-ce pas une chose bien ridicule que l'honnêteté et la foi jurée? que ('éducation d'une lllle, la fierté d'un cœur qai s'est Hguré qu'il vaut quelque chose , et qu'avant de jeter au vent la poussière de sa fleur chérie , il faut que le calice en soit baigné de larmes , épanoui par.quelques rayons de soleil, entr'ouvert par une main délicate? Tout cela n'est-il pas un rêve, une bulle de savon que le premier soupir d'un cavalier à la mode doit évaporer dans les airs?
OCTiVE.
Vous VOUS méprenne! sur mon compte et sur celui de Cœlio.
HARUHNE.
Qu'est-ce après tout qu'une femme? L'occupation d'un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu'on porte à ses lèvres et qu'on jette par-dessus son épaule. Une femme 1 c'est une partie de plaisir I Ne pourrait-on pas dire , quand on en rencontre une : Voili une belle nuit qu' passe? Et ne serait-ce pas un grand écolier en de telles matières , que celui qui baisserait les yeux devant elle , qni se dirait tout bas : il Voilà peut-être le bonheur d'une vie entière, ■ et qui la laisserait passer?
Eile mrt.
ïra, Ira , poum , poum I tra deri la ta ! Quelle drôle de petite femme ! Hai I holi ! Il frappé à unt aubtrgt.