‹ Comédies et proverbesChapitre 142 sur 304 · ACTE II, SCENE m · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE m

Oui , oni , sérienseinent. Ue voilii. J'écoute.

OCTAVE

Vous voalei rire?

MARUMnE.

Que) pitoyable avocalËtes-voosdoDC? [^rtez , que je ti

Que regardez-vous à droite et à gaudie? En vérité, tous êtes eu colère.

NAKUNME.

Je veux prendre uD amant, Octave..., sinon un amant, du moins un cavalier. Que me conseillez- vous? Je m'en rapporte à votre chois, : — Ccelij ou (oui autre , peu Tn'importe; — dès demain, — dès ce soir, celui <|ui aura la rantaUie de chanter sons mes fenêtres trouvera ma porte eDlr'ouverte. Eh bien! vous ne parlez pas? Je vous dis que je prends un amant Tenez, voilà mon écharpeen gage ; — qui.vons vondreï, la rapportera.

OCTAVE

Marianne ! quelle que soit la raison qui a pn vous inspirer une minute de complaisance, puisque vous m'avez appelé, puisque voue consentez à m'entendre, au nom du ciel , restez la même une miaule encore, permette»-moi de vous parler!

/] ttjttl* à genoux.

lUBIANNE.

Que voolei-vous me dffe?

Si jamais bomme au monde a été digne de tous comprendre , digne de vivre et de mourir pour vous , cet homme est Cœlio. Je n'ai jamais valu grand'chose, et je me rends cette justice, que la passion dont je fais l'éloge trouve un misérable interprète. Âhl si vous saviez sur quel autel sacré vous êtes adorée comme .un dieu! Vous, si belle, si jeune, si pure encore , livrée à un vieillard qui n'a plus de sens , et qui n'a jamais eu de cœur [ Si vous saviez quel trésor de bonheur , quel mine Téconde repose en vous I en lui! dans cette fraîche aurore de jeunesse, dans cette rosée céleste de la vie, dans ce premier accord de deux âmes jumelles ! Je ne vous parle. fM

de sa souffrance, de celte douce et triste mélancolie qui ne e'est jamais lassée de vos rigueurs , et qui eu mourrait sans se plaindre. Oui , Marianne , il en mourra. Que pnis-je vous dire?qu'iavent«rais-je pour donner à mes paroles la 'force qui leur manque? Je ne sais pas le langage de l'amour. Regardez dans votre âme; c'est elle qui peut vous parler de la sienne. Y a-l-il un pouvoir capable de vous loucher? Vous qui saveE supplier Dieu , eiiste-t-il une prière qui puisse rendre ce dont mon cœur est plein?

ttelevei-vous , Octave. En vérilé , si quelqu'un entrait ici , ne croirail-on pas , à vous enlendre , que c'est pour vous que vous plaidez?

OCTjlVB.

Hariannei Uarieniiel au nom du ciel, ne souriez pas! ne farinez pas votre cœur au premier éclair qui l'ait peut-être traversé 1 Ce caprice de bonté, ce moment précieux va s'évanouir.— Vous a^ez prononcé le nom de Cœlio; vous avez pensé b lui , dites-vous. Ab ! si c'est une fautaisie , ne me la gâtez pas. — Le bonheur d'un homme en dépend.

Ëles-Tous sdr qu'il ne me soit pas permis de sourire?

Oui , vous avez raisou ; je sais tout le tort que mon amitié peut faire. Je sais qui je suis , je le sens; un pareil langage dans ma bouche a l'air d'une raillerie. Vous doutez de la sincérilé de mes paroles ; jamais peut-être je n'ai senti avec plus d'amertume qu'en ce moment le peu de couBance que je puis inspirer.

Pourquoi cela? vous voyez que j'écoute. Cœlio me déplaît; je ne veux pas de lui. Parlez-moi de quelque autre , de qui vous voudrez. Choisissez-moi dans vos amis un cavalier digne de moi; envoyez-le-moi, Octave. Vous voyez que je m'en rap-

0 femme trois fois femme! Cœlio vous déplaît, — mais le premier venu vous plaira. L'hommequivousaime depuis un mois , qui s'attache è vos pas , qui mourrait de bon cœur sur un ntol de votre bouche, celui-là vous déplaît! Il est jeune,

beau, riche el digue eu tout point de vous; ma plait ! et le premier veuu vous plaira I

HAaiANKE.

Faites ce que je vous dis, on ne me revoyez pa

Ton échaqw est bien jolie, MariaDue, et ton de colère est un charmant traité de paix. — Il ni pas beaucoup d'orgueil pour le comprendre : ui Qdie sufSrait, Ce sera pourtant Cœlio qui en prol

Page 1