ACTE ) , SCËNE III
PERD] UN
) gais pas si loog , mon révérend. Je Irouve qu'elle , voiVi tout.
IlsvBDt le OhAtean.
Entre LE CHtEUR.
Plusieurs choses me divcrlissent et eicilent ma curiosité. Venez, mes amis , et asseyons- no us sous ce noyer. Deux formidables dîneurs sont en ce moment en présence au château, maître Bridaine et inailre Blaziue. N'ave7-vous pas fait une remarque? c'est que lorsque deux hommes k peu près pareils, également gros, également sots, ayant les mêmes vices et les mêmes passions, vienûentpar basai'd à se reacoolrer, il faut nécessairement qu'ils s'adorcnl ou qu'ils s'exècrent. Par la raison que les contraires s'attirent, qu'un homme grand et desséché aimera uu humme petit et rond , que les blonds recherchent les bruns, et réciproquement, je prévois une lutte secrète entre le gouverneur et le curé. Tous deux sont armés d'une égale impudence; tous deux ont pour ventre un tonneau ; uon-seulemcnt ils sont gloutons ,' mais ils sont gourmets; tous dcui se disputeront, à dîner, non-seulement la quantité , mais la qualité. Si le poisson est petit, comment faire? et dans tuus les cas une langue de carpe ne peut se parlager, et une carpe ne peut avoir deux langues. Item , tous deui sont bavards; mais k la rigueur ils peuvent parler ensemble sans s'écouler ni l'un ni l'autre. DéjA maitre Bridaine a Youlu adresser au jeune Perdîc«n plusieurs questions pédantes, et le gouverneur a froncé le sourcil. Il lui est désagréable qu'un autre que lui semble mettre son élève à l'épreuve, /(«m, ils sont aussi ignorants l'un que l'autre. Jttm, ils sont prêtres tous deux; l'un se targuera de sa euro, l'autre se rengorgera dans sa charge de gouverneur. Maître Blazius confesse le fils , el maître Bridaine le pèrc. Déjà je les vois accoudés sur la table , les joues enflammées , les yeux k fleur de tête, secouer pleins de haine leurs triples mentons. Ils se regardent de la tète aux pieds , ils préludent par de légères escarmouches; bienlAt la guerre se déclare; les cuistreries de
toute espèce se croieent et s'échaageot, et, pour comble de malheur, entre le« deux ivrognes s'agïle dam? Pluche , qui les repousse I'ud et l'autre de ses coudes affilés.
Hainlenant que voilA le dîner fini, on ouvre la grille du cbéiteau. C'est la compagnie qui sort; relirons-nous à l'écart. n» lortênt.
Entrant U baron et dame Pltiche.
Vénérable Plucbe , je suis peiné.
DAME FLCCHE.
Est-il pomible, monseigneur?
LE MB OH.
Oui , Plucbe , g«Ir est possible. J'avais compté depuis longtemps , — j'avais même écrit , noté , — sur mes tablettes de poche, — que ce jour devait être le plus agréable de mes jours, — oui, bonne dame , le plus agréable. — Vous n'ignorez pas que mon dessein élait de marier mon Qla avec ma nièce; — cela était résolu, — convenu , — j'en avais parlé à Brîdaine, — etje vols, je crois voir, que ces enfants se parlent froidement; ils ne se sont pas dit un mot.
DAME PLUCBE.
Les voilb qui viennent, monseigneur. Sont-ils prévenus de vos projets?