ACTE 1, SCÈNE
poudre dans le« yeux , el que pins on leur en jette , plus elles les écarquilleat , a&n d'en gober davantage.
Perdiean entra d'un càlè, CamiUa de t'autrt. Bonjour, mes enlanla; bonjour, ma cbère Camille , mOD cher Perdiean I embraMet-moi , el embrasaei-Tous.
Bonjour, mon père, ma scear bien-aiméc! Quel bonheur) que je sais heureui I
UMILLE.
Mon père et mon oouùn , je tous salue.
PERDICiH.
Comme te voilà grande , Camille ! et belle comme le jonr 1 Quand as-tu quitté Paris, Perdiean?
Mercredi, je crois, ou mardi. Comme te voilii métamorphosée en femme I Je suis donc un homme , moi ! 11 me semble que c'est hier que je t'ai vue pas plus haute que cela.
Vousdevei être fa ligués; la route est longue, etil fait chaud.
Oh 1 mon Dieu , non . Regardez donc , mon père , comme Camille est jolie I
LE BAROR.
Allons , Camille, embrasse ton cousin.
CAMILLE
Eicusex-moi.
LE BARON
Un compliment vaut un baiser; embrasse-la, Perdiean.
Si ma cousine recble quand je lui tends la main , je vous dirai à mon tonr > Excusez-moi ; l'amour peut voler un bais^, mais non pas l'amitié.
CAHILLE.
L'amitié ni l'amour ne doivent recevoir que ce qu'ils peuvent rendre.
LE BARON , à maître Bridaine.
Voilà tin commencement de mauvais augure,. hé?
MAITRE BU1DAINE , OU borott.
Trop de pudeur est Eans doute un déraut; mais le mariage lève bien des scrupules.
LE BMtON , à flullrt Bridatna, }e suis choqué, — Uessé. — Cetle réponse m'a déplu. — Exeiati-moi I Avei-voue vu qu'elle a fait miue de M signer ? — Venez ici , que je vous parle.— r Cela m'es! pénible au dernier point. Ce moment , qui devait m'êlre si doni , est eomplét<?inent gâté. — Je suis veié, piqné. — Diable t voili qui est fort mauvais.
Dites-leur quelque! mob; les voilà qui se tounient le dos.
LE BABOM.
Eh bien I mes enfants , à quoi pensei-vous donc? Que faislu là , Camille, devant cetle tapisserie?
CAViLLE, regardant un roileau.
Voilà un beau portrait, mon onclel N'est-ce pas une grand' tan te à noua?
LE BAHON.
Oui, mou enfant, c'est ta bisaïeule, — ou du moins — la sœur de ton bisaïeul , — car la chère dame n'a jamais concouru , — pour sa pari , je crois , autrement qu'en prières, — à l'accroissement de la famille. — C'élail, ma foi , une sainl« femme.
CAHILLE.
Obi oui, une sainte! c'est ma grand'lanle Isabelle. Comme ce costume religieux lui va bieni
LE BABON.
Et loi , Perdican , que fois4u là devant ce pot de Oeurs ?
Voilà une Oour diannante , mon père. C'est un béliotn^.
Te moqaes4u? elle est grosse comme une mouebe.
Cetle petite fleur grosse comme une mouche a bien son prii.
MirTBE BMDtlIJE.
Sans doute ! le docteur a raison. Demandez-lui à quel sexe, à quelle classe elle appartient , de quds éléments elle se forme, d'où lui viennent sa sève et sa couleur; il vous ravira en eitase «1 vous détaillant les phénomènes de ce brin d'herbe, depuis la racine jusqu'à la fleur.