‹ Comédies et proverbesChapitre 175 sur 304 · ACTE 1, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE

poudre dans le« yeux , el que pins on leur en jette , plus elles les écarquilleat , a&n d'en gober davantage.

Perdiean entra d'un càlè, CamiUa de t'autrt. Bonjour, mes enlanla; bonjour, ma cbère Camille , mOD cher Perdiean I embraMet-moi , el embrasaei-Tous.

Bonjour, mon père, ma scear bien-aiméc! Quel bonheur) que je sais heureui I

UMILLE.

Mon père et mon oouùn , je tous salue.

PERDICiH.

Comme te voilà grande , Camille ! et belle comme le jonr 1 Quand as-tu quitté Paris, Perdiean?

Mercredi, je crois, ou mardi. Comme te voilii métamorphosée en femme I Je suis donc un homme , moi ! 11 me semble que c'est hier que je t'ai vue pas plus haute que cela.

Vousdevei être fa ligués; la route est longue, etil fait chaud.

Oh 1 mon Dieu , non . Regardez donc , mon père , comme Camille est jolie I

LE BAROR.

Allons , Camille, embrasse ton cousin.

CAMILLE

Eicusex-moi.

LE BARON

Un compliment vaut un baiser; embrasse-la, Perdiean.

Si ma cousine recble quand je lui tends la main , je vous dirai à mon tonr > Excusez-moi ; l'amour peut voler un bais^, mais non pas l'amitié.

CAHILLE.

L'amitié ni l'amour ne doivent recevoir que ce qu'ils peuvent rendre.

LE BARON , à maître Bridaine.

Voilà tin commencement de mauvais augure,. hé?

MAITRE BU1DAINE , OU borott.

Trop de pudeur est Eans doute un déraut; mais le mariage lève bien des scrupules.

LE BMtON , à flullrt Bridatna, }e suis choqué, — Uessé. — Cetle réponse m'a déplu. — Exeiati-moi I Avei-voue vu qu'elle a fait miue de M signer ? — Venez ici , que je vous parle.— r Cela m'es! pénible au dernier point. Ce moment , qui devait m'êlre si doni , est eomplét<?inent gâté. — Je suis veié, piqné. — Diable t voili qui est fort mauvais.

Dites-leur quelque! mob; les voilà qui se tounient le dos.

LE BABOM.

Eh bien I mes enfants , à quoi pensei-vous donc? Que faislu là , Camille, devant cetle tapisserie?

CAViLLE, regardant un roileau.

Voilà un beau portrait, mon onclel N'est-ce pas une grand' tan te à noua?

LE BAHON.

Oui, mou enfant, c'est ta bisaïeule, — ou du moins — la sœur de ton bisaïeul , — car la chère dame n'a jamais concouru , — pour sa pari , je crois , autrement qu'en prières, — à l'accroissement de la famille. — C'élail, ma foi , une sainl« femme.

CAHILLE.

Obi oui, une sainte! c'est ma grand'lanle Isabelle. Comme ce costume religieux lui va bieni

LE BABON.

Et loi , Perdican , que fois4u là devant ce pot de Oeurs ?

Voilà une Oour diannante , mon père. C'est un béliotn^.

Te moqaes4u? elle est grosse comme une mouebe.

Cetle petite fleur grosse comme une mouche a bien son prii.

MirTBE BMDtlIJE.

Sans doute ! le docteur a raison. Demandez-lui à quel sexe, à quelle classe elle appartient , de quds éléments elle se forme, d'où lui viennent sa sève et sa couleur; il vous ravira en eitase «1 vous détaillant les phénomènes de ce brin d'herbe, depuis la racine jusqu'à la fleur.

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