ACTE 1 , SCÈNE III. 9S
PERDKAN.
Cela ne te Terait pas plaisir d« revoir la prairie? Te sonviens-tu de nos parties sur le bateau? Viens, nous descendroDs jusqu'aux moulins; je tiendrai les rames , et bn le gou*
CANTLLE.
Je n'en ai nulle envie.
PBMtlClN.
Tu me fends l'Ame. Quoi I pas un souvenir , Camille? pas un battement de cœur pour notre enrance, pour tout ce pauvre temps passé, M bon, si doux, si plein de niaiseries délicieuses? Tu ne veux pas venir voir le sentier par où nous allions à la ferme?
Non , pas ce soir.
Pas cesoirl et quand donc? Toute Doire vie est ik.
Je ne suis pas asseï jeune poor m'amuser de mes poupées , u asseï vieille pour aimer le passé.
FEBDlCiJI.
Comment dis-tu cela ?
CAMILLE
Je dis que les souvenirs d'enfance ne sont pas de mon goùl.
PEBDICIN.
Cela t'eQDnie?
UHILLE.
Oui, cela m'ennuie.
Pauvre enfant! je te plains sincèrement.
Ili iOTlenl chacun d$ ttur côté.
LE BAHOH, rentrant avec dame Pluchc.
Vous le voyez, et vous l'entendez, eicellente Pluche ; je m'attendais à la plus euave harmonie , et il me semble assister à un concert où le violon joue Mon cour loupire , pendant que ta flûte joue Vive Henri IV. Songez A la discordance affreuse qu'une pareille combinaison produirait. Voilà pourtant ce qui se passe dans mon cœnr.
Je l'avoue ; il m'est impossible de bUmer Camille , el rien
383 ON NE BADliNE PAS AVEC L'AMOUR,
n'ost de phie mauvais toa, à inea sens, que les parties de bateau.
LE BitHON.
Parlii- vous sérieusenien t ?
DAME PLUCBE.
Seigneur, une jeune Glle qui se respecte ne se hasarde pas sur l«« {Héces d'eau.
LE BUUW.
Hais observei doue, dame Pioche, que son cousin doit l'épouser, et que de» lors...
DiHE FLDCHE.
Des convenances défendant de tenir un geuvemail , et il est malséant de quitter la terre ferme seule avec uu jeune tiomiiM.
Hais je répèle... je vous dis...
DAMB PUCBE.
C'est là mon opinion.
LE BIBOR.
Stes-Tous folle? En vérité, vous me feriex dire... Il y a certaines eipressions que je ne veui pas... qai me r^u- {jnent... Vans me donnez envie... En vérité, si je ne me retenais... Vous êtes une pécore , Pluche! je pe sais que penser
LE CHCEUR, PERDICAN.
FESDICIK.
Bonjour, amis. He reconnaissez-vous?
LE cBoeuB.
Seigneur, vous reseeinblez à un enfant que nous avons beaucoup aimé.
N^est-ce pas vous qui m'avez porté sur votre dos pour paner les ruisseaui de vos prairies, vous qui m'avez fait danser sur