‹ Comédies et proverbesChapitre 194 sur 304 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

KMTKTi BBIDArNE.

Que pa riez- vous , measlre, de bout<!illea volées à propos d'une luzerne et d'une correspondance?

MitlTRE BLlZItlS.

Je vous supplie de plaider ma cause. Je suis lionnéle , seigneur Bridainc. 0 digue geigaeu»Bridaine, je suis voLre serviteur I

NAITRE BRIUtlNE , à pari.

0 fortune 1 est-ce un rêve? Je serai donc assis sur toi , à chaiee bieubeureuse !

Je ¥Ous serai rciuin naissant d écouter mon histoire , et de vouloir bien m'excuser, brave seigneur, cher curé.

Cela m'esl impossible, monsieur; il est midi sonné, et je m'en vais diner. Si le barou se plaint de vous, c'est votre aflaire. Je n'intercède point pour un ivrogne.

Vite, volons à la gi-ille; et toi, mon ventre, arrondis-loi. Il tort an eouranl.

Misérable Pluche! c'est loi qui paieras pour tous; oui, c'est toi qui es la cause de ma ruine, femme déliontée, vile entremetteuse, c'est à loi que je dois cette disgrâce. 0 sainte université de Paris I on me traite d'ivrogne ! Je suis perdu si je ne saisis une lettre, el si je ne prouve au baron que sa nièce a. une correspondance. Je l'ai vue ce malin écrire a son bureau. Patiencel voici du nouveau.

Passe dame Pluche portant un« httre.

Pluche, donnez-moi celle lettre.

Que signifie cela? C'est une lettre de ma maîtresse que je vais mettre à la poste au village. ! ■

HIITRE BLAZIDS.' ' ,'

Donnez-ta-moi , ou VOUS êtes morte.'

Moi, mortel morte, Marie, Jésus, vierge et martyr!

MAITRE BUZIUS. ' '

Oui, morte Pluche; donnez-moi ce papier, >!

lit sê battent. Entre Pentican. ''M

rEBDICiUl.

Qu'y a-t-il? Qne hile«-von«, Blatius? Pourqnoi tiolrater celle femme?

DAHE FLtrCHE.

Rendez-moi la lettre. Il me l'a prise, »ei(^eur; justice!

MIITBE BUIIDB.

C'est une enlremetteuse, «eigneur. Cette letb^ «st un billet

C'est une lettre de Camille, edgDenr,de votre tiancée. C'est un billet doui h un gardear de dindons. Ta en as meuti, abbé. Apprends cela de moi.

FERDICIN.

Donnez-moi cette lettre ; je ne comprends rieu à \olre dispute ; mais, en qualité de llancé de Camille, je m'arroge lo droit de la lire.

nitt.

• A la sœur Louise , au couvent de*", u

 part.

Quelle maudite euriosîlé me saisit malgré moi! Mon cœur bat avec force, et je ne sais ce que j'éprouve. — Retirez-vous, dame Pluche; voua êtes une digne femme, et maître Blazîus est un sot. Allez dîner; je me charge de remctlre celte lellreà la poste.

Sortent maitre Blaniui et dame Pluche.

PERDICAN , iOll.

Que ce soit un crime d'ouvrir une lettre, je le sais trop bien pour le faire. Qne peut dire Camille a cette sceur? Suis-je donc amoureux? Quel empire a donc pris sur moi celte singulière tille, pour que les trois mots écrits sur celte adresse me fassent trembler la main? Cela esl singulier; Blazius, en se débattant avec la dame Pluche , a fait sauter le cachet. Est-ce un crime de rompre le pli ? Bon , je n'y changerai rien.

/l ouvra la Ultre M lit.

<i Je pars aujourd'hui, ma ehère, et tout est arrivé comme » je l'avais prévu. Cest uiie terrible chose; mais oe pauvre » jeune homme a le poignaM dans le cœur ; il ne se consolera

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