‹ Comédies et proverbesChapitre 202 sur 304 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

CitHILLE.

Vous regardes si mes mains sont mouillées, n'est-ue pa«t Ea vérité, j'ai gâlé ma robe de couvent pour retirer ce petit hochet d'enfiial de la foataine. Voilà pourquoi j'en ai mis une autre, et, je vous dis, cela m'a changée; melteidouc cela à votre do^.

FEtlDtCAN.

Ta as retiré cette bague de l'eau , Camille , au risque de le précipiter? Est-ce un songe? La voilà; c'est Loi qui me la mets au doigt! Ahl Camille, pourquoi me le rends-tu, ce triste gage d'uu bouheur qui n'est plus? Parle, coquette et imprudente nile, pourquoi pars-tu. pourquoi restes-tu? Pourquoi, d'une heure à l'autre, changes-tu^ d'apparence et de couleur , comme la pierre de cette bague à chaque rayon du soldl?

Conaaissei-vous le cœur des femmes, Perdican?-Ëtes-vous sûr de leur inconstance, et savez-vous si elles changent réellement de pensée en changeant quelquefois de langage? Il y en a qui disent que non. Sans doute , il nous faut souvent jouer un rAle, souvent mentir; vous voyez que je suis franche; mais éles-vous sûr que tout mente dans une femme , lorsque sa langue ment? Avez -vous bien réfléchi à la nature de cet être faible et violent, à la rigueur avec laquelle on le juge, aux principes qu'on lui impose? Et qui sait si , forcée h tromper par le monde , la (ête de ce petit être sans cervelle ne peut pas y prendre plaisir, et menlir quelquefois pas passe-temps, par folie, comme elle ment par nécessité?

Je n'entends rie» il tout cela, et je ne mcnls jamais. Je L'aime, Camille, voilà tout ce que je sais.

Vous ditesque vous m'aimez, et vous ne mentez jamais?

Jamais.

, L^îîogk-

Que répondrez-vous à cette enfant, Perdican , lorsqu'une vous demaDdero compte de vos paroles? Si tous ne montez jamais , d'où vieut donc qu'elle «cal évanouie en vous entendant me dire que vous m'aimei? Je vous laisse avec elle; U' chei de I* faire revenir.

Eltt ixtit tortir.

peudican.

Un instant, Camille , écoutez-moi.

Que vonlei-voiis me dire? c'est à Rosette qu'il faut parler. Je ne vous aime pas , moi ; je n'ai pas été chercher par dépit cette malheureuse enfant au fond de sa chaumière, pour en faire aa appât, un jouet; je n'ai pas répété imprudemment devant elle des paroles brûlantes adressées à uneaulre; jen'ai pas feint de jeter au vent pour elle le souvenir d'une amitié chérie; je ne lui ai pas mis ma chaîne au cou; je ne lui ai pas dit que je l'épouserais.

Écoutei-raoi, écoutez-moi!

CAMILLL.

N'as-tu pas souri tout à l'heure quand je t'ai dit que je a'avais pu aller à la fontaine? Eh bien! oui, j'y étais, et j'ai tout entendu; mais. Dieu m'en est témoin, je ne vaudrais pas y av«ir parlé comme toi. Que feras-tu de celle fille-là , maintenant, quand elle viendra, avec les baisers ardents sur les lèvres, le montrer en pleurant la blessure que tu lui as faite? Tu as voulu te venger de moi, n'est-ce pas, et me p^inir d'une lettre écrite â mon couvent? Tu as voulu me lancer à tout prii quelque trait qui pût m'atteindre, et tu comptais pour rien que ta flèche empoisonnée traversât cette enfant, pourvu qu'elle me frappât derrière elle. Je m'étais vantée de t'avoir inspii'é quelque amour , de te laisser quelque regret. Cela t'a blessé dans ton noble orgueil ? Eh bien ! apprends-le de moi , tu m'aimes, enlends-lu; mais tu épouseras celte fille, on tu n'es qu'un lâche!

PE«nicu<.

Oui, je l'épouserai.

CAH1U.E,

El lu feras bien.

i,G(Hl«^lc

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