LE SECRÉTAIRE
Je gérai enchaDté de la Toîr.
LE MUQniS.
Je ne puis vous eiprimer ma reconnai i heure pensei-Toiis qu'arrive le prince noti i nouvelle digui lé qu'il m'a.,.
Vert dîi ou onze heures.
lU l'iloigntnt f. >
Laurette tntre; madame Batbi le U i contre, litutet dtitx demetirtnl appuj/ '■ trade , dam le fond de la icène, el j , tenir. En et moment , Raxelta , mati • Vavant-teéne.
KJHETTjI.
Il me semble que J'aper^is Lauretle. 0 , vient d'entrer. Hais comment parviendrai-j« être remarqué? — Depuis que j'ai mis le pi( dins, tous mes projets se sont évanouis pour colàre. Un seul dessein m'est reslé ; mais il fau ou que je meure.
Il l'approche d'une tatle. ei écrit ■; crayon.
LE SBCRÉTAiRE, rentrant, aumar Âh ! voilà UD des galants de voire bal qui doui t Est-ce l'usage à Venise?
LE HAHecis.
C'est un usage 'auquel vous devei compren que les jeunes filles restant étrangères. Voi une pnriic de carfps?
LE SECnÉTAIBE.
Voloatien ; c'est un moyen de passer le temps fort agréablemeut.
LE niRQDIS.
Asseyons-nous doac, s'il tous plait. Uonsienr le secrétaire intime, j'ai l'hoDoeur de vous saluer. Le prince, m'avez-vous dit, doit arriver à dii ou onie heures. Ce sera donc dans un quart d'heure ou dans une heure uu quart, car il est pr^sément neuf heures trois quarts. C'est à vous de jouer.
LE SECBiTAIBE.
Jouons-nous cinquante florios 7
LE KIBQDIS.
Avec plaisir. C'est un récit bien intéressant pour non» , monsieur, que celui que vous avei Inen voulu déjà me laisser deviner et entrevoir, de la manière dont. Son Excellence était devenue éprise de la chère princesse ma nièce. J'ai l'honneur de vous demander du pique.
C'est, comme je vous disais , en voyant son portrait j cela ressemble un peu i un conte de fée.
LE MARQUIS
Sans doute I ahl ah! délicieux 1 sur un portrait! Je
n'en ai plus, j'ai perdu,.. Vous disiei donc.?
LE SECnÉTAIllE.
Ce portrait, qui était, il est vrai , d'une ressemblance frappante , et par conséquent d'une beauté parfaite
LE mqQtiis.
Vous êtes mille fois trop bon.
LE SEcnéTllflE.
Voulez-vous votre revanche ?
LE MARQUIS
Avec plaisir, n D'une beauté parfaite... >
LE SECBÉTÂIBE.
Resta longtemps sur la table où il a l'habitude d'écrire. Le prince, A vous dire le vrai... (j'ai dn rouge) est un vériiable original.
LE MiBOEIS.
Réellement?... C'est unique! je ne me sens pas de joie en ^ pensant que d'id A unehcnre... Voici encore du rouge.
iz^rt^GoogU:-
LE SECBBTAISE.
llabborraitlM femmes, du moins il lodii tére le plus fantasque! Il u'aimeni le jeu, t arts. Voua avez encore perdu.
LE lUItQDIS.
Ahl ah I c'est du dernier plabant!-.. Coi rien de toulcela?... Ahl ah! Vous avci par j'ai perdu. C'est délicieui !
LE SECBÉTillIE.
II a beaucoup vofagé , eo Europe surtout. TOUS été instruits de ses inleutions que le jour où il partait pour une de ces eicurs loDgues : ■ Qu'oD mette les chevaui , disa nous irons à Paris. «
LE MARQUIS
J'ai entendu dire la même chose de l'einpi Singulier rapprodiement !
Son mariage fut aussi extraordinaire que m'en donna l'ordre comme s'il s'agissait di indiOërenle de sa vie; car c'est la paresse pen prince : « Quoi , monseigneur , lui dis-je , san Raison de plus , > me dit-il ; ce fut toute sa n en parlant toute la cour bouleversée et dans m vantable.
LE MinQDIS.
Cela se confit... Ehl eh! — Du reste, mo rait pu se fournir d'unprocureur plus parfaiter que vous-même , monsieur le secrétaire intin vous voudrez bien m'en croire persuadé. J'ai t
Vous joueid'un singulier malheur.
LE HàBQDlS.
Oui, n'est-il pas vrai? Cela est fort rema mes amis, homme d'un eqirit enjoué, me dist avanl4uer , i la table de jeu d'un des principa cette ville , que je n'aurais qu'un moyeu de gs de parier contre moi.
LE SEdUÉTURE.
' Abl ahl c'est juste I
LE URQIIIS.
Ce serait , lui répoudig je, ce qu'on pourrait appeler un bonheur malheureui. Ehl ehl
llrit.
LE SECaÊTAIRE.
Alwolninent.
LE MUIQUIB.
Ce sont deux mots qui , je crois, ne *e trontent pai wnveut rapprochés... Ëbt ebl — Hais permettes-moi, de grâce, une ' seule quesUon : Son Eic^leoce aime-t-elle la musique?
LE SECaéTAIBE.
Beaucoup. C'est son seul d^astemest.
LE MABQIIIS.
Cwnbien je me trouve heureux d'avoir , depuis l'â^ de onte ans, fait apprendre à ma nièce la harpo-lyre elle forte-pianol SeriM-vons , par hasard , bien aise de l'entendre chanter 7
Certainement.
LE NABQTIIB , À Un VtUel.
Veuilles avertir la princesse que je désire lui parler. A Lmtrttte, ^uf entre.
Laure, je vous priedenous faire entendre votre voii.Honlieur le secrétaire intime veut bien von» engager à nous donner ce plaisir.
Volontiers, mon cher oncle; quel airprérérci-Tous?
LE HtRQUIS.
Di placer, di placer, di piacer. Ma nicce ne s'est jamais Fait
L4URETTE.
Aidei-moi A ouvrir le piauo.
HAZETTi , toi^ouri tntuqui , i avance «t ouvre U piano. À vois
Lises ceci quand vous serca seule.
EtU Ttfoit son biUtt.
LE SECHÉTàlRS.
La princesse ^lit.
LE HillQDIS.
Ma chère flllc , qu'aves-vous donc?
Rien , rien , je Buis r«îiige.
LE HiBQDis , bar au iterkav Vous concevez qu'une jeune fille...
£aur«(t« frappe la prtmtéri accordi.
on VALET , entrant , ba$ au mat Son Eicellence vient d'entrer dans lejard
LE HiHQDtS.
Son Eicelt...! Allons à sa renconlre.
LE SECBÉTllBE.
Au contraire. — Permettez-moi de vousd; Pendant ce tempe, LauTtttti pianiuimo.
Vous voyez que le prince ne fait avertir son arrivée. Que le reste de vos conviés s'él les usages, et je sais que dans toute» les coui eenlation; nuis rien de ce qui est fait pour saurait plaire à noire jeune souverain. Veu ^ner seul auprès du prince. La jeune mariée platl.
LE MlRQtlS.
Eh quoi ! senle ici i
LE SECRÉTÂIBE.
J'agis d'après les ordres du prince.
LE DABQDIS.
Uonsieur , je vais donner les miens en * conformer en tout aux moindres volontés d( est pour moi le premier, le plus sacré des d pas pourtant avertir ma nièce?
LB SECRÊTUtlE.
Certainement.
Il lut paris à l'oreiIIe. Dn mo matquet te ditpertent dam le lent ie titidtre til>Te. Le marqui lOTient BRiemble.
UDBBITB, fMtM j«ul«, tirt U billet de Ratetla de ion $efn tt lit.
• Les Benneals que j'ai pu te faire ne peuvent me retenir loin de toi. Hou stylet est cacbé mus le pied de ton clavecin. PrendB-le, et frappe mon rival, si tu ne peux réunir avant ooie heures Bonuantra à t'échapper et h veuir me relrouverau pied de Ion balcon , où je t'attenda. Crois que ei tu me refuses, j'eulendrai mnuer l'heure , et que ma mort est certaine.
* Razetti. ■ ES» ngarde autour d'elle.
Seule ici !...
Elle va prtndTe It itylet.
Tout est perdu : car je le connais, il est capable de tout 0 Dieu ! il me semble que j'entends monter à la terrasse. E]st-ce déjk le prince t — Noa , tout est tranquille.
» A onie heures ; si tu ne peux réussir à t'échapper. Croig que si tu me refuses , ma mort est certaine 11... >
0 Raietia, Razetta! insensé, il m'en coOte cher de l'avoir aimél
Fuirai-je7... La princesse d'Eysenach fuira't.elle7... Avec qui?... Avec un joueur déjà presque ruiné? Avec un homme
plus redoutable seul que tons les malheurs Si j'avertissais
le princ«? — 0 ciel ! on vient.
Hais Raietlal il se tuera sans doute sous mes fenêtres
Le prince ne peut tarder; je vois des pages avec des flambeaux traverser l'orangerie. La nuit est obscure ; le vent agite ces lumières; écoutons... Quelle singulière frayenr me ^isitl... Quel est l'homme qui va se présenter A moi?... Inconnus l'un i l'autre... que va-t-il me dire?... Osêrai-je lever les yeui sur lui?... Oh! je sens battre mon cœur... L'heure va si vite! onze heures seront bienlAt arrivéesl...
Son Eicellenc«veut.«lle monter cet escalier?
UDBETTE.
C'est lui 1 il vient.
Elu ieemte.
Je ne me sens pas la force de me lever; cactîons ce stylet. EUe le met dam ton tein.
' SCËNE II. . 341
KyMDSch, c'est doncb la mort que tu mardieg?... Ahl la micDoe aum nt cwlaioe...
Elu i« ptnehe à la fenêtre.
Razetta se promèoe lentement sur le rivage !... Il ne peut me manquer... AIIoim!... Prenons ccpeadant asseï de force pour cacher ce que j'éprouve... Il le faut... Voici l'instant. Se regardant.
Dieu T que je suis pâle ! Ue» cheveux en désordre...
Le prince entre pat le fond; il a à la main un portrait: il «'avança lanttment, «n oontidèrant tantôt toriginal, lantât la eopit.
Par&it.
- Laùrttta m rtloame <t iJemBura interdite. Et cependant comme en Inul l'art est constamment au-dessous de la nature, surtout lorsqu'il cherche à l'embellir! La blancheur de cette peau pourrait s'appeler de ta pâleur ; ici je trouve que les roses élouiïcnt les lis. — Ces yeut sont plus Tife, — ces cheveux plut noirs. — I*plu8 parfait des tableaux n'est qu'une ombre : tout y est à la surEsce ; l'immobilité glace; l'âme y manque totaleroenti c'est une beauté qui ne passe pas l'épiderme. D'ailleurs ce trait même à gauche...
Lajtrette fait qvelqvei pat. Le prince ne atit pat de la ngardïr.
Il n'importe : je suis content de Grimm', je vois qu'il ne m'a pas trompé..
Il t'aueoil.
Ce petit palais est très-gentil : on m'avait dit que cette pauvre fllle n'avait rien. Comjnenldonc ! mais c'est un ^égant que mon oncle, monsieur îe... le...
A Laurette.
Voire oncle est marquis, je crois?
LAiniETTE.
Oui... monseigneur...
Je me sens la tentation de quitter cette vieille prude d'Allemagne, et de venir m'établir ici. Abl diable, je bis une
rélleiion ; on e«l obligé d'aller i pied. — E«t«e qu« loukt les
Temmes sont humi jolies que vous dans celte villef
UDHETTE.
Monseigneur...
LE PfiINCE.
Vousraugisaef... De qui donc aiei-vous peur? noua sommes
UtHETTE,
Oui... mais...
L£ PRINCE, it Itvanl.
Est-ce que par hasard mon eracd guindé de secrétaire se serait mal acquitté de sa représentation? I^es eompUments d'usage onlrils été faits? Aurait-il négligé quelque chose? En ce cas eicu»ei-moi : je pensais que les quatre premiers actes de la comédie étaient joués, et que j'arrivais seulement pour le cinquième.
LiD BETTE.
Mon tutenr...
LE PRINCE
Vous tremblez?
n lui pnnd la main.
Reposez-Tous sur ce sofa. Je vous supplie de répondre à ma question.
HVBEnE.
Voire Excellence me pardonnera : je ne chercherai pas k lui cacher que je souffre... un peu...; elle voudra bien ne pas a'étonner...
Voici du vinaigre excellent.
Il lui donne «a eattoUttt.
Vous êtes bien jeune, madame; et mai aussi. Cependaut, comme les romans ne me sont pas défeudua, non plus que les comédies, les tragédies, les nouvelles, les histoires et les mémoires, je puis vous apprendre ce qu'ils m'ont appris. Dans tout morceau d'ensemble , il y a une introduction, un thème, deux ou trois variations, un andante et un presto. A l'introduction vous voyei les musiciens encore mal se répondre, chercher k s'unir, se consulter, s'essayer, se mesurer; le thème les met d'accord; tous se taisent ou murmurent faiblement, tandis qu'une vtùx harmonieuse les domine; je ne crois pas néerssairc de faire l'applicalion de cette parabole. , Les varia-
i,CÙHl«^[c
tioQg sont plus on moins longues, selon éproute :' mollrase ou fatigue. Ici , sans co: lo chef-d'ffiuvre ; l'andanlc , les yeux bumi vaacc lenl«nient, les mains s'unissent; c'( les grands serments, lea petites promesst ments, la mélancolie. — Peu k peu touts'ai doute plus du cœur de sa maîtresse; la joie par conséquent ; la bénédiftion apostoliqu trouver ici sa place; car, sans cela, le pr Vous souriez?
Je souins d'une penBée...
Je la devine. Hon procureur a sauté l'adi
Faussé , je crois.
LE PRINCE
Ce sera à moi de réparer ses maladres) n'était pas mon plaa. Ce que vous me dite
LAORETTE.
Sur quoi ?