‹ Comédies et proverbesChapitre 213 sur 304 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

!d ce cas je serais le plus malheureux des bomotes', car ]« s aime , et je ne ponirai vivre sbos vous.

Encore une raillerie? Prince, celle-ci n'est pas charitable.

tE PBiNce.

De l'orgneil? — Veuillez m'écouter.

Je me suis Ûgixté qu'uue femme devait foire plus cas de son flme que de son corps, cootre l'usage général qui veut qu'elle permette qu'on l'aime avant d'avouer qu'elle aime , et qu'elle abandonne ainsi le trésor de son cœur avant de consentir à la plus légère prise sur celui de sa beauté. J'ai voulu, oui, voulu absolument tenter de renverser cette marche uuiforme ; la nouveauté est ma rage. Ha fantaisie et ma paresse, les seuls dieui dont j'aie jamais encensé les autels , m'ont vainement Uissé parcourir le monde, poursuivi par ce bizarre dessein; rien ne s'olTrait k moi. Peut-être je m'explique mal. J'ai eu ta nnguliére idée d'être l'époui d'une femme svaut d'être son amant. J'ai voulu' voir si réellement il existait une Ame asseï orgueilleuse pour demeurer fermée lorsque les bras sont ODverIs, et livrer la bouche à des baisers muets; vous concevez que je ne craignais que de trouver celte force à la froideur. Dans toutes les contrées qu'aime le soleil , j'ai cherché les traits les plus capables de révéler qu'une âme ardente y était enfermée : j'ai cherché la beauté dans fout son éclat, mais aussi dans taute sa vie : pour moi-même, j'ai voulu cet amour qu'un regard fait naître ; j'ai désiré un visage assez beau pour me faire oublier qu'il était moins beau que l'être invisible qui l'anime; insensible â tout, j'ai résisté à tout... excepté 11 une femme, — b vous Laurelte, qui m'apprenez que je me suis un peu mépris daus mes idées orgueilleuses; à vous , devant qui je ne voulais soulever le masque qui couvre ■ci'bas les hommes qu'aprte être devenu votre époux. — Vous me l'avez arraché. Je vous supplie de me pardonner, si j'ai pu

Il faut que la princesse d'Ejwnach me pardonne; il làut

qu'elle pei-niclle à eaa époax de redevenir ramant le plus soumis ; il faut qu'elle oublie toutes se» folies...

Et toute M fluesse?

Elle pilil devant la vAlre. La beauté et l'espriL..

LtUBETTE.

Nesonl rien. Voyei comme nous nogs reMemb1oD8peB>

Si vous en failes si peu de cas, je vais revenir A mon rév«

ucnETTE.

Comment?

En commençant par la première.

LâtRETTE.

Et en oubliant le second?

LE PRINCE

Prenez garde à un bomme <]ui demande un pardon; il peut avoir si aisément la tentation d'en mériter deui 1

LAt BETTE.

Ceci est une Ibéorie.

LE PBINCE.

Non pas.

n l'enbrasst. Cependant je vous vois encore agitée. Gageons que, tonte jeune que voos êtes, vous avei déjà fait un calcul.

1 tant i faire ! et uD jour comme celui-ci

Je ne parle que de celui des qualités d'époui. Peut-élre ne trouvez-vous rien en moi qui les annonce. Dites-moi , est-ce bien sérieusement que vous avez pu jamais réfléchir k cet im-> portant et grave sujel? De quelle pâle débonnaire, de quels faciles éléments avieï-vous pétri d'avance cet être dont l'apparition change tant de douces nuita en insomnies? Peut-être sorlèi-vous'du couvent?

LIVBETTE.

Non.

, que ni votre gouvernante

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