‹ Comédies et proverbesChapitre 214 sur 304 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

vous gênait, si votre tuteur rtnii contrariait, si voua éliei surveillée , lancée quelquefois , tous allei entrer demain ( n'estce pas demain?) dans nue atmosphère de despotisme et de tyrannie; tous allei respirer l'air délicienx de la plus arislvcratique des bonbonnières : c'est de raa petite cour que je parle, ou plutôt de la TAlre^ car je suis le premier de vos sujets. Une grave duègne vous suivra , c'est l'usage ; mais jtf la payerai yaar qu'elle ne dise rien à votre mari. Aîmez-vous les ctievam , la chasse, les fSlee, les spectacles, tes dragées, les amants, les petits \en, les diamants, les soupers, le galnp, les masques, les petits diiens, les folies? — Tout pleuvra autour de vous. Enseveli au foud de la plus reculée des ailea de votre chAteau , te prince ne saura et ne verra que ce que vous vondrei, Avez-vons envie de lui pour une partie de plaisir? un ordre expédié de la part de la reine avertira le roi de prendre son habit de chasse, de bal ou d'enterrement. Voulei-vouB être seule? Quand toutes les sérénades de la terre retentiraient sous vos fenêtres, le prince, au fond de son donjon gothique, n'entendra rien au monde j une seule loi régnera dans votre cour : la volonté de la souveraine. Kesseinbleriei-voua par hasard à l'une de ces femmes pour qui l'ambition , les honneurs, le pouvoir eurent tant de charmes? Cela m'étonnerail, et mon vieux docteur aussi ; mais n'importe. Les hochets que je mettrais alors entre vjts mains, pour amuser vos loisirs, seraient d'autre nature : ib se composeraient d'abord dequelques-unes de ces marionnettes qu'on nomme des ministres, des conseillers, des secrétaires ; pareil à des chiteaui de caries, tout l'édiâce politique de leur sagesse dépendrait d'un soufQe de votre bouche; autour de vous s'agiterait en tous sens la fbule de ces roseaui, que plie et relève le vent des cours; vous seret un despote, si vous ne voulez être une reine. Ne faites pas surtout un rêve sans le réaliser; qu'un caprice, qu'un ^ible désir n'échappe pas à ceux qui vous entourent, et dont l'eiistenc« entière est consacrée â vous ol)éir. Tous choisirez entre vos fantaisies , ce sera tout votre travail , madame; et si le pays que je vous décris...

LACBBTTE.

C'est le paradis des femmes.

Vous en serei la déesse.

348 LA NUIT VËNITIENNE.

LAORETTE.

HaiB le rêve sera-l-il éleroel? Ne caaKi-voiH jamaii le pot au iBitî

LE FUNCB.

UUREITB.

Ahl qui m'eD awnre?

Uu seul (;araDt, — moa iodicible, ma d^icieuse pamw. Voili bieslôt viDgl-cinq sdb que j'essaye de vivre, Laurelte. Pea suis laa ; mon eiislence me fatigue ; je rattache i la vMre ce fll qui s'allait briser ; vous vivrez pour moi, j'abdique : vous chargei-vouB de oetie tâche? Je vous remets le soin de mes jours, de mes pensées, de mes actions; et pour mou

Est-il eompris daus le dépAtî

Il n'y sera que le jour où voua l'eu aurez jugé dignei jus-

que-li j'ai Totre portrait. — Je l'aime, je lui dois tout ; je lui

ai tout promis, pour tout voua teuir. — Autrefois même je

. m'en serais contenté; mais j'ai voulu le voir sourire... rien

de plus.

Ceci est encore une théorie.

Un rave, comme tout au m«nde.

il l'tmbraut.

Qu'avei-vous donc lA? c'est un bijou vénitien ; si nous sommes en paix, it est inutile; si nous sommes en guerre, je désarme l'enuemi.

II lui du MOn tlylet.

Quant à ce petit papier parfumé qui se cache sous celle gaie , le mari le respectera. Uais la princesse d'Eysenach rougit.

Prince I

Ëtes-vous étonnée de me loir sourire? — J'ai relenn u mot de Sbakspeare sur les femmes de cette ville.

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