‹ Comédies et proverbesChapitre 221 sur 304 · ACTE 1, SCÈNK II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNK II

Une faisagréc dés femmes et admii^dee hommes, seigoeur étudiant, peosnà vous si vous levei le bras. Que voire premier coup d'épée donne la mort; que vntre premier désir donne l'amour. La vie est une paulomime terrible, et le geste n'a rien à faire ni avec la pensée ai avec la parole. Si la parole vous a fait aimer, si la pensée tous a fait craindre, que le geste u'eo sache rien. Soyez alors vous-même. Frappez comme la flèche; que le monde disparaisse à vos yeui; que l'étincelle de vie que vous avez reçue de Dieu s'isole , et dcvieone un Dieu elle-même. Que votre volonté soit comme l'œil du lynï , comme le museau do la fouine , comme la Qéche du guerrier. Oubliéi, quand vous agissez , qu'il y ait d'autres êtres sur la terre que vous et celui à qui vous avez affaire. Ainsi , après avoir coudoyé avec grâce la foule qui vous environne , lorsque vous serez arrivé au but, et que vous aurez réussi, vous pour rez j rentrer avec la même aisance , et vous promettre de nouveaux succ^. C'est alors que vous recueillerez les fruits de la troisième maiime : « oser, c'esl avoir, i> et que vous serez réellement expérimenté, redoutable et puiseaut.

Ah ! Seigneur Dieu I si j'avais su cela plus M I Vous me faites penser à un certain soir que j'étais assis dans la garenne avec ma tante Béatrice. Je sentais juslemeut ce que vous dites U; il me semMait que le monde disparaissait, et que nous étions tout seuls sous le ciel. Aussi je l'ai priée de rentrer au château ; il faisait noir comme dans un four.

LR CHEVILIEK.

Vous me paraissez b'tpn jeune encore, et vous cherchez fortune de bonne heure.

Il n'est jamais trop (AI , quand on se destine A la guerre. Je n'ai vn un Turc de ma vie; il me semble qu'ils doivent ressembla à des bêles sauvages.

LE CHEVALIEH.

Je suis fSché que des affaires d'importance m'empêchent d'aller à la cour celte année; j'aurais été curieux d'y voir vos débute.

HOSEHBEBG.

Pouvec-vons croire que j'oublie cette r«aconlref C'est le

cifl qui m'a conduit sur celle roule ; une auberge si ini mode ! des draps humides , et pas de rideau» ! Je n'y 9 pas resté une heure si je ne tous arais trouvé.

Que voules-vous? Il faut s'habituer à tout.

nOSEHBEHG.

Obi certainemeut; ma tante Béatrice s^ait bien inquiète si elle me savait dans une mauvaise auber^. Mais nons autres gai^ins, nous ne faisons pas attention à toutes ces misères. Que Dieu vous protège, cher seigneur! Mes clievaux sont prêts, et je vous quitte.

LE CHEVALICB.

Au revoir; ne m'oubliez pas. Si vous avez jamais affaire au vaivode, c'est mon proche parent, et je me souviendrai

Je vous suis tout dévoué de même.

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