‹ Comédies et proverbesChapitre 220 sur 304 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Un buu devant ui aabaret.

LedteuaUer ULADISLASw ROSEHBERG, omù.

Je ne oonnab rien de plus agréabie, après qu'on a bien diaë, que de s'asseoir en plein air avec des personnes d'esprit, et de causer librement des femmes sur un ton convenable.

Vous allei à la cour du rtoi de Hongrie?

ROSEHBEBO.

Oui, seigneur; c'est mou début.

Ne douiez pas du succès, et vous en Hurei. Pendant la derni^ guerre que nous fîmes contre les Turcs ,'sous le vaïTode de Transylvanie, je rencontrai un soir, dans une forêt profonde, une jeune fille égarée.

Quel était le nom de la forêt?

C'était une ceriaine forêt sur les bords de la mer Caspienne.

SOSEHBCiie.

Je ne la connais pas, même par les livres.

LE CHEVALIEB.

Cette pauvre fille était attaquée par trois brigands couverts de fer depuis les pieds jusqu'à la têle, et montes sur des chevaui exceUents.

BOSEMBERG.

A.quel poitit vos paroles m'intére^ntl Je suis tout oreilles.

LE CBEViLien.

Je mis pied à terre, et, tirant mon épée, je leur ordonnai de s'éloigner. Permetiet-aioi de ne pas faire mon Aoge ;

vons comprenei que je fus forcé de les Après UD combat des plussangtanb...

IU^t«8-vou8 quelque blessure?

L'uD d'ens seolenienl faillit me percer l'ayant évitée , je lui déchargeai sur Ia'tél4 violeut , qu'il tomba roijle mort. H'appro« jeune fille , je reconnus en elle une princf possible de vous n

Je comprends voa raisons , et me gardei la discrétion est un principe pour tout h< monde.

De quelles faveurs elle m'honora , je i davantage. Je la reconduisis chez elle , et rendei-vous pour te leuderoain ; mais , le promise en mariage au pacha de Caramai Scile que nous pussioDS nous voir en se ment de soixante eunuqueaqui veillaient ji on l'avait confiée d^uis son enfance à la nommé Hâlôck.

ROSEMBEHG.

Garçon ! apporte-moi une autre boutei

LE CHI^AUEII.

Vous concevei quelle entreprise ! pénétr iuaccesnble, oonstrnit sur un rocher bati entouré d'une pareille garde. Voici , sei^ que j'imaginHi. Prétei-moi , je voua prie ,

II03BIIIBEHG.

Sainte Viei^! le feu me monte i la téti

LE cnEV\U£B.

Je pris une («rque, et gagnai le large, pité dans les flots, au moyen de certain tal donné un sorcier bohémien de mes amis , rivage, semblable en tout b un noyé; c'éi géant Molock faisait sa ronde autour de trouva étendu sur le sable , et me Iranspoi

3SS LA QCENOUItLE DE BAHBERtNE.

B0SEMBEII6.

Je devine déjà ; c'eal admirable.

On me prodigu* des «ecoure ; quant A moi , les jeux h demi fermés , je n'attendais que le moment où je serais seul avec le géant. Aiusilât, mejelanlsar lui, je le uiiis par la jambe droite et le lançsi dans la mer.

Je frissvniiei le c«eur me bat.

J'avoue que je courus quelque danger; car, au bruit de sa chute , les soiunte eunuques accoururent le sabre à la main ; mais j'avais eu le lemp» de me rejeter sur le lit , et paraissais profondément endormi. Loin de concevoir aucun soupçon , ils me laissèrent dans la cbsmlH^ avec une des femmes de la princesse pour me veiller. Alors, tirant de mon sein unefloleet un poignant , j'ordonnai à cette femme de me suivre , dans le temps que les eunuques étaient tous A souper. Prenes ce breuvage , lui dis-je , et mélei-le adroitement dans leur vin , linoa J« vous poignarde tout à l'beure. Elle m'obéit sens oser dire un mot, etbieolAt les eunuques l'étant aR80U)HS par l'effet du breuvage , je demeurai maltra du ehileau. Je m'en tôt droit à l'appartement des femmes ; je les trouvai prêles A se mettre au lit; mais ue voulant leur faire aucun mal, je mécontentai de les enfermer dans leurs chambres , et d'en prendre sur moi lescle&, qui étaient au nombre de six vingts. Alors, toutes les difficultés étant levée», je me rendis ches la princesse; à peine au seuitdcsa porte, je mis un genou en terre ; Reinede mon cœur, lui dis.je avec le ton du pins profond respect... Hais pardonnei, se^neur élodiant, je suis forcé de m'arrë- (er, la modestie m'en fait un devoir.

ROSBMBBHG.

Non ! je te vois , vous l'avei possédée! Ah ! qu'il me lanle d'être A la cour ! Hais ces breuvages inconnus , ces mfstérieni talismans, où les trouverai-je, seigneur dievalîerf

LE CHEVIUOI.

Cela est diftlcile; cependant je vous ferai une confidence : lênex, si vous avez de l'argent, c'csUc meilleur talisman qne vous puisciex trouver.

Dieu merd , je n'en manque pas; mop p seigneur du pays. La veille de mon départ bonne «amme, el ma tante Béatrice, qui | glieaé dana Is main une jolie bourse qu'elli vaux aonl gras et bien nourris , mes vale ne suie pas mal touriié.

LE CHETILIEH.

C'eet à merveille , et il n'en faut pas da'

nOBEHDERG.

Le pire de l'afTaire , c'est que je ne sai puis rien retenir par cœur. Lea mains me de tout quand je parle aui femmes.

Videx donc votre verre. Pour réussir d gneur étudiant, relenei bien ces trois m Bavoir; vouloir, c'est pouvoir; oser, c'est a

Il faut que je prenne cela par écrit. Les hardis et sonores. J'avoue pourtant que j< pas bien.

LE CBEVjtUEB.

Si vous voni» plaire auv femmes, afTec profond respect dans les paroi», Iraitei4 niié8,ct dites hautement aui autres homm femmes vous n'en raitesaucuncas,maisse niére générale, et sans jamais médire d'il du reste. Par là vous obtiendrez deux chi venu en public, et d'eiciter la curiosité er vous serez assis près d'une bloude pâle, si et que vous la verrez s'appuyer molleme lenez-vous à distance , jouez avec le coin dites-lui que vous a^ez un profond chagrin si elle est vive et enjouée, prenez l'appa résolu; parlez-lui à l'oreille, et si le bout vient à lui efQeurer la joue , ce n'est pi toutes, en général, dites qu'elles ont perle enchâssée, et que tous les maui n se laissent voir jusqu'à la cheville. Hais su pensées prés d'elles ressemblent à ces i

360 U QUENOUILLE DE BABBERINE.

eoni couverts de livrée* sptendides. Ne peoseï' qu't rendre igréBMe et honorable la rouU qoe vous prpaet; pour «e qui est de votre bnt, elles le savent aussi bien que vous. Les hommes diront que vous Stes un libertin effronté; les femmes auront spin de prouver le contraire; un un mot, distinguez toujours scrupuleusement ces deui parte de la vie , U forme et le fond des choses. Ainsi vous remplirei la première maiime : t vràr, c'est savoir, > et vous passerei pour eipérimenlé.

Continues, de griee; je me sens tout autre, et je bénis en moi-ménte le hasard qui m'a fait vous rencontrer dans celle aubei^.

LE CHETAUEB.

Quand nne fois vous aurei bien prouvé aux femmes que TOUS tes roépnseï avec la plus grande politesse et un respert infini , attaquer les hommes. Je u'ealends pas par li qu'il faille vous en prendre 4 eui ; tout au contraire , n'ayei jamais l'air de vous occuper ni de ce qu'ils disent ni de ce qu'ils font. Soyei toujours poli, mais paraissez indifférent; ne vous édiauffez jamais dans une di»cuBsion ; laissez à chacun ses idées, mais tenei-vous pour persuadé qu'il n'y a de bonues que les vAtres. Faites-vous rare , on vous aimera : c'est un proverbe des Turcs. Par Ui , vous gagnerex un grand avantage : A force de passer partout en silence et d'un air dégagé, on vous regardera quand vous passerez. Que votre mise , votre entourage annoncent on luteeffréné; attirez ooDsIammenl les yeui. Que cette idée ne vous vienne jamais , de paraître douter de TOUS, car aussitôt tout te monde en doute. Ne montre! pas en publie ta mesure de vos forces ; cela rend les gens tranquilles, fussiei-vous an Hercule. Enfin agieeei-ea ni plus ni moins que si le soleil et les ëtoilea ^ous appartenaient en bien propre, et que la fée Horgane tous eAt tenu sur les fonts baptismam. De cette fa^n , vous remplirci la seconde maiime : i vouloir, c'est pouvoir, » et vous passerez pour redoutable.

BOSEMBEBG.

-, et la belle chose que d'être

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