‹ Comédies et proverbesChapitre 257 sur 304 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

menl qu'h pa^er les leltre» de change? J'en ai re^u une ce malin ; soixante louit I Te railles-tu des gens? il le Bied bien de faire le foshionabte ( que le diable soit des mots anglais 1 ) , quand ta n« peui pas payer Ion tailleur! C'est autre chose de desoendre d'un beau cheval pour retramer an fond d'un hAtel une bonne famille opulente, ou de sauter k bas d'un carrosse de louage pour grimper deux ou trois étages. Avec tes gilets de salin , ta demandes , en rentrant du bal , ta chandelle à ton portier, et il regimbe quand il n'a pas eu ses élrennes. Oieu sait si tu les Ini donnes tous les ans! Lancé dans un monde plus riche que loi , tu puiies chez \t» amis le dédain de loi-méme', tu portes ta barbe en pointe et tes cheveux sur les épaules, comme si tu n'avais pas seulement de quoi acheter un ruban pour te bire une queue. Tu ëcrivailles dans les galettes; tu es capable de te faire saint-simonien quand tu n'auras plus ni son iri maille , et cela viendra , je t'en réponds. Va , va, un écrivain public est plus estimable que loi. Je Rnirai par le couper les vivres , et tu mourras dans un grenier.

Mon bon oncle Van Buck , je vous respecfeet je vous aime. Faites-moi la grâce de m'écoutcr. Voua avra payé ce malin nne lettre de change à mon intention. Quand vous êtes venu , j'étais k la fenêtre et je vous ai vu arriver; vous méditiei un sermon juste aussi long qu'il y a d'ici chez vous. Épargnez , de grjce, vos paroles. Ce que vous pensez, je lésais; ce que vous dites, vous ne Je pensez pas toujours; ce que vous faites, je vous eu remercie. Que j'aie des dettes et que je ne sois boa h rien , cela se peul , qu'y voulez-vous faire? Vous avei soixante mille livres de renie...

Cinquante.

Soixante, mon oncle; vous n'avez pas d'enfanta, et vous êtes plein de bonté pour moi. Si j'en profite, où est le mal? Avec soixante bonnes mille livres de renie ., VAN BOCK.

Cinquante, ûnquanle; pas un denier de plus.

VALEIJTIN.

Soinante; vous me Tavex dit vous-n)ême.

kCùhi'^Ic

44S IL NE VAVT JUKER DE RIEN.

VAN BtltX.

Jamais. Où bb-Lu pris cela?

TlLENTin.

Hetlom cinquante. Vous Sles jeune, gaillard encore, et ban vivant. Crojez-vous que cela me (iette, el que j'aie «oif ée voire bien ? Vous ne me faites pas tant d'injure; et toub aavei que les mauvaises létos n'ont pas toujours les plus mauvais cœurs. Vous me querellei de ma robe de chambre : yods en avez porté bien d'autrex. Ha barbe en pointe ne veut pas dira que je eois un saint-gimonif^n : je respecta trop l'héritage. Vous vous plaigDoz de mes giiets ; voutei-vous qu'on «oKe «■ chemise? Vous me dites que je suis pau»T«, e( que mes ami» ne le sont pas; tant mieui pour eux, ce n'est pas ma fatrfe. Vous iniagiaez qu'ils ine gâtent et que leur eieiaple me rend dédaigneux : je ne le suie que de ce qui oi'enntiie , et puisqne vous payez mes dettes, vous voyet bien quc'je a'empruDte pas. Vous me reprochez d'aller eu flacro ; c'est que je n^i pw de voiture. Je prends, dites-vous, en renlrant, ma chandelle chez mon portier : c'est pour ne pas monter sans lumière; à quoi bon se casser le cou7 Vous voudriet me voir un étal ; faites-moi nommer jH'emicr ministre, et vous verreï comme je ferai aaon chemin. Mais quand je serai surnuméraire dans l'entre -sol d'un avoué, je vous demande ce que j'y apprendrai, sinon que tout est vanité. Vous dites que je joue â la bouillotte : c'est que j'y gagne quand j'ai brelan; mais soyez sûr que je n'y perds pas plutôt que je me repens de ma sottise. Ce serait, dites-vous , autre chose, si je descendais d'un beau cheval pour eutrar dans un bon hdtel : je le crois bien; vous en parlez à votre aise. Vous ajoutez que voua êtes Qer, quniqui vous ayez vendu du guingaa; etplâtâ Dieu que j'en vendisse! ce serait la preuve que je pourrais eu acheter. Pour nria noblesse, elle m'est aussi chère qu'elle peut vous l'être à vousmême; maisc'estpourquoi je ne m'attelle pas, ui plus que moi les dievaux de pur sang. Tenez , mon oncle, ou je me trompe, on vous, n'avez pas déjeuné. Vous êtes resté le cœur à jeun sur cette maudite lettre de change; avalons-la de compagnie , je vais demander le chocolat. îl sonne. On len à dijeuner.

Quel déjeuner! Le diable m'emporte! tu vis comme un

i,-MNGooglc

VALOTTUI.

Eh ! ijue voul«-Toua? quand^on aMuit tâcher de se distraire.

VIN BDCE.

Je sais sAr que , parce que je me mets je te psrdonue.

ViLENTIN.

Hoi? pas du tout. Ce qui me chagrin irrité , c'est qu'il tous échappe Tnalgré \ d' arriére-boutique. Oui, sans le savoir, cette Heur de politesse qui vous dislingu mais quand oe n'est pas devaat témoins, je ne vais pas le dire.

ViH BCCB.

C'est bon . c'est bon , il ne m'échappe r et parlons d'autre chose; tu devrais bien

VALENTIN.-

Seigneur, mon Dieu 1 qu'est-ce que voi

Mais, mou oncle, qn'est-te que je vow

VAN MCI.

Tu m'as fait des lettres de change. Hais rais rien fait , qu'a donc le mariage de si parlons sérieusement. Tu serais, parblei quand on te mettrait ce soir dans les brat élevée, avec cinquante mille écus sur la demain matin au réveil. Voyez un peu le comme il ; a de quoi faire l'nmbrageui ! T les payerai ; une fois marié , tu le ranger: Manies a tout ce qu'il Taut....

Mademoiselle de Hanlesl Vous plaisante

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