‹ Comédies et proverbesChapitre 263 sur 304 · ACTE 1[, SCËMË · texte numérisé non relu

ACTE 1[, SCËMË

ViLBFiTIN-

Déjà Ictée , nu4emm«elle, «t se«le i celle b««rc tlans le boi»?

C'est TOUS, mongieur? je ne vaw recounaisMie pas. Cumment se porle \otre foulure?

Foulure! voilà uu vilain mot.

Haut.

C'est trop de grâce qbe vous me laites , et il y a de certaines blessures qu'on ne seot jamais qu'à demi.

Vousa-t-on servi à déjeuner?

VALEHTIN.

Vous éles trop boone; de loates les vertus de votre seie, l'hospilalité esl la moins commune, et on ne la trouve nulle part aussi douce , aussi précieuse que chez vous ; et si l'intérêt qu'on m'y témoigne...

CÉCILE

Je vais dire qu'on vous monte un bouillon.

EUetorl.

Tu l'épeoserasl tu l'éponseras ! Avouequ'ellea été parfaite. Quelle naïveté! quelle pudeur divine! On ne peut pas faire uu meilleur cboii.

VALEtmn.

Un moment, mon oncle , un moment', vous allez bien vile en besogne.

vin BDa.

Pourquoi pas? Il n'en làut pas plus; tu vois clairement k qui tu as aflaire, el ce sera toujouts de même. Que lu seras heureui avec cette femine4à 1 Allons tout dire i la barmue; je me charge de l'apaiser.

Bouillon ! Comment une jeune fille peul«ile prononcer ce mot-IAÎ Elle me déplaît; elle est laide et soUe. Adieu , mon oncle , je retourne ï Paris,

T/ÀT secs.

Plaisantez- vous? où est votre parole? Eat-ee ainsi qu'on se jouc.de moi? Que signiltenl ces j-etii baissés , et cetle contp-

4eB IL NE FAUT JURER DE RIEN,

uance débile? Est-ce i dire que tous me prenez pour ua libertin de votre espèce, et que vous toub servez de ma Mie complaisance comme d'un manteau pour vos méchaols desseins? N'est-ce donc vraimen t qu'une séduction que vous venei lanlericj sous le masque de cette épreuve? Jour de Dieu! si je ]e croyais!...

Elle me déplaît , ce n'est pas ma Taule, et je n'en ai pas répondu.

ViPl BUCE.

En quoi peut-elle vous déplaire? Elle est jolie, ou je ne m'y connais pas. Elle a les yeui longs et bien fendus, des cheveux superbes, une taille passable. Elle est parrailement bien élevée; elle sait l'anglais et l'italien; elle aura trente mille livres de rente, et en attendant une très-belle dot. Qttd reproche pouves-vous lui faire, et pour quelle raison n'en voulez- vous pas?

VU.ENTIN.

Il n'y a jamais de raison à donner pourquoi les gens plaisent ou déplaisent. II est cwtain qu'elle me déplaît, elle, sa foulure et son bouillon.

vin BUCK.

C'est votre amour-propre qui souCTre. Si je n'avais pas été là, voua seriez venu nie faire cent contes sur votre premier entrelien , et vous targuer de belles espérances. Vous vousétiei imaginé faire sa conquête en uu clin d'ieil , et c'est U où le bât vous blesse. Elle vous plaisait hier au soir , quand vous ne l'aviez encore qu'entrevue, et qu'elle s'empressait avec sa mère à vous soigner de votre sot accident. Maintenant, vous la trouvez laide, parce qu'elle- a fait A peine atlention h vous. Je vous conntCIs mieux que vous ne pensez , et je ne céderai pas si vite. Je vous défends de vous en aller.

Comme vous voudrez ; je ne veux pas d'elle ; je vous répèle que je la trouve laide , et elle a uu air niais qui esl rétoltinl. Ses yeux sont {[rands, c'est vrai, mais ils ne veulent rien dire; ■es cheveux sont beaux, mais elle a le front plat; quant à la taille, c'est peut-être ce qu'elle a de mieux , quoique vous ne la trouviei que passable. Je la félicite de savoir l'italien , elle y a peut^tre plus d'esprit qu'en fran^is; pour ce qui esl de sa

je n'en veux pas plus que de sou

vin BDCK.

A-(-on idéed'uDe pareille tête, et p«ut-on s'attendre à rien de semblable ? Va , ts , c« que je diiaiB hier n'est que la pure vérité. Tu n'es capable que de rêver des balivernes, et je ne vcui plus m'occuper de toi. Épouse une blanchisseuse ai tu veux. Puisque lu refuses ta fortune, lorsque lu l'as entre les mains , que le hasard décide du reste ; cherche-le au fond de les coroeû. Dieu m'est témoin que ma patience a élé telle depuis trois ans, que nul autre peut-être à ma place...

ViLENTIN.

Est-ce que je me Irompe? Hegardet donc, mon onde; il me semble qu'elle revient par ici. Oui , je Taperais entre les arbres; elle va repasser dans le taillii.

V4N BDCB.

Où donc? quoi? qu'est-ce que tn dis?

VALEKTFK.

Ne voyei-vous pas nne robe blanche derrière vn touffes de

lilflsî Je ne me trompe pas , c'est bien elle. Vite , mon oncle , rentrez dans la charmille, qu'on ne noua surprenne pas ensemble.

V*N BtCK.

A quoi bon , puisqu'elle te déplail?

VILENTIN.

Il n'importe, je veui l'aborder, pour que vous ne puisRieg; pas dire que je l'ai jugée trop légèrement.

Tu l'épouserts si elle persévère?

Cbutl pas de bruit; la voici qui arrive.

CÉCILE, Mtrant.

Monsieur , ma mère m'a chargée de vous demander si comptiez partir aujourd'hui?

VILKHTIN.

Oui , mademoiselle , c'est mon intention , et j'ai dep des chevauK,

CÉCILE

C'ffil qu'on fait un whUI au salon , et que ma mé serait bien ohligéesi vuus vouliei faire le quatrième.

VAUKTIN.

J'en fluis Ttefac , mai» je a* sais pas jouer.

CÉCILE

El si TOUS vonlifï rester k diner, doos avon» un Iruf^.

Je vous remercie : je n'ea mange pas.

CÉCILE

Après diuer , il nous Tient du monde , et uous danserons la

Eicusez-moi , je ne danse jamais.

CÉCILE

C'est bien dommage. Adieu, monsieur.

Elle tort. VIN BDCE , renlranl.

Ah fàl voyons, l'épouseras-tu? Qu'est-ce que tout cela signilleî Tu dis que tu as demandé des chevaux : est-ce que c'est vrai ? ou si lu te moques de moi ?

Vous aviez raison, elle est agréable; je la trouve micui que la première fois; elle a un petit signe au coin de la bouche que je n'avais pas reoiarqué.

eui-lu me répondre

Je ne vais nulle part, je mo promène avec vous. E^t-ce que vous la Irouvei mal faite?

VtH BOCK.

Hoiî IKeu m'en (^rde I je la trouve complète en tout.

Il me semble qu'il est bien matia pour Jou«r au whisl ; y janez-touB, mon oncle? Vous devriez rantrer au château.

Certainement, je devrais y rentrer; j'attends que tous daigniez me répondre. Iteatez-voua ici, oui ou non?

i,CÙHl«^[c

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