ACTE 111, SCËNE IV
sail, el elle le saura , vous comprenez qu'il faut qu'on noua marie. Que votre oncle soit brouillé ou non avec elle, il faudra bieu se raccommoder. J'élaia honteuse d'être enfermée; et, Hu fait, pourquoi l'ai-je été? L'abbé est venu , j'ai fait la morte; il m'a ouvert, et je me suis sauvée : voîlk ma ruse; je vous la .donne pour ce qu'elle vaut.
v»LENTiN, à part.
Suis-je un renard pris i son piège, ou un fou qui revient à la raison?.
céaLE.
Efa bien ! vous ne me répondes pas. Eat-ee que cette U"!»tesse va durerloujours?
Vous me paraisseï gavante pour votre âge, et en même temps aussi étourdie que moi , qui le suis comme le premier coup de matines.
CÉCILE
Pour étourdie, j'en dois convenir ici; mais, mon ami, c'est que je vous aime. Vous le dirai-jeî je savais que vous m'aimicx , et ce u'est pas d'hier que je m'en doutais. Je ne vous ai vu que trois fois k ce bal; triais j'ai du cœur et je m'en souviens. Vous aveï ^alsé avec mademoiselle de Gcsvres", et en passant contre la porte, son épingle k l'italienne a rencontré le panneau , et ses cheveux se sont déroulés sur elle. Vous en souvencE-vous maintenant ? Ingrat ! Le premier mot de votre lettre disait que vous vous en souveniez. Aussi comme le cœur m'a battu ! Tenez , croyei-moi, c'est là ce qui prouve qu'on aime, et c'est pour cela que je suis ici.
Ou j'ai sous le bras le plus rusé démon que l'enfer ait jamab vomi , ou ta voix qui mé parle est celle d'un ange, et die m'ouvre le chemin des cieui.
Pour savante, c'est une autre affaire; mais je veux répondre , puisque vous ne dites rien. Voyous, savez-vous ce que c'est que cela?
ïiLENTIN.
Quoi? cette étoile à droite de cet arbre?
IL NE FjlOT JURER DE RIEN.
Oui , et ce mol de larme me platt , je ne uis pourquoi, comme les étoiles. Un beau ciel pur medonne envie de pleurer.
VALBNTIN.
Et & moi envie de t'aimer, de te le dire et de vivre pour toi. Cécile , sais-tu à qui tu parles , et quel est l'homme qui ose t'embrasaer ?
Dites-moi doue le nom de mon étoile. Voua n'en ites pas quitte à si bon marché.
Eh bien! c'est Vénus, l'astre de l'amour, la plus belle perle de l'océan des nuiU.
Non pas; c'en est une plus chaste et bien plus digue de respect; vous apprendrez è l'aimer un jour, quand vous vivrez dans les mëlaîries el que voiis aurez des pauvres à vous : admirez-la , et gardei-vous de sourire ; c'esl Gérés , déesse du pain.
VALENHN.
Tendre enfant! je devine ton cœur; tu fais la charité,
CÉaLE.
C'est n
la mère qui
me
l'a appris
il n'y
pas
femme a
Il monde.
VïLENTIN.
Vraiment? je ne l'a
«pas cru.
Ahl mou ami, ui vous ni bien d'autres, vous ne vous doutei de ce qu'elle vaut. Qui a vu ma mère un quart d'heure croit la juger sur quelques mois au hasard. Elle passe le jour ft jouer aui caries et le soir à faire du tapis; elle ne quitterait pas son piquet pour un prince ; mais que Dupré vienne , et qu'il lui parle bas , vous la verrez se lever de table , si c'esl un mendiant qui alUnocl. Que do fois nous sommes allées cn-