‹ Comédies et proverbesChapitre 3 sur 304 · ACTE I, SCËNE i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCËNE i

CttÉKIO.

Je l'ai vu, mon Dieu; suriaa léle, aur celle de mon père, j« t'ai vu; vu, bien TU.

DUiiEii , Mul , ■"«vwM» xmt k iarétn et appelU. Cordiaoi! Cordianil

Cordiani p«n^.

iBsensél eae»tu venu 167 André ton ami, le mien, le boa, le pauvre Audrël

Elle m'aime , 6 Damicn , elle m'aime ! Que vaa-lu me dire? Je auii heui-eux. Regarde-moi , elle m'aime 1 Je coure dsna ce jardin depuis bier, je me suis jeté dans les herbes humides ; j'ai frappé les statue* et les arbres , et j'ai couvert de babers terribles les gaions qu'elle avait foul^.

El cet homme qui le surprend! A quoi penses- tu? Et Andrél André , Cordiani !

COHDIINI.

Que «aia-je? je puia $tre coupable , tu peui avoir raison; nous en parlerons demain , un jour plus lard ; laiwe-moi être heureuT. Je me trompe pcut^tre, elle ne m'aime peul4lre pas; un caprice, oui, un caprice seulement, et rien de plus; mais taiaa^moi itre heureux.

Rien de plus? et tu brises comme une pailla un lien d« vingt-cinq années? et lu sors de cette chambre? Tu peui être coupable? et les rideaux qui se août refermes sur toi. sont encore agités autour d'elle? et l'^honime qui te voit sortir cric au meurtre?

Ab 1 mon ami , que celle femme-là est belle!

Insensé I insensé I

CORDItNI.

Si tu savais quelle région j'habite ! comme le son d« sa voix seulement fait bouillonner en moi une vio nouvelle 1 comme les larmes lui viennent aui yeux au-devanl de tout ce qui est beau , tendre et pur comoie elle ! 0 mou Dieu t c'est un autel

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Bubtime que le bonheur. Puisse la joie de mon ime mooUr à toi comme un doui encens I Damien , les portes se sont trompés : est-ce l'esprildu mal qui est l'ange déchu? C'est celui de l'amour qui , après le grand œuvre , ne voulut pas quitter la terre , cl , tandis* que ses frères remontaient au ciel , laissa tDinber ses ailes d'or en poudre aux pieds de la beauté qu'il avait créée.

Je le parlerai dans un auti'e moment. Le soleil se lève; dans une heure , quelqu'un viendra s'asseoir aussi sur ce banc ', il posera comme toi ses mains sur son visage , et ce ne sont pas des larmes de joie qu'il cachera. A quoi penses-tu?

COHDIANI.

Je pense su coiu obscur d'une certaine taverne où je me suis assis tant de fols , regrettant ma journée. Je pense à Florence qui s'éveille, aux promenades , aui passants qui se croisent; au monde, oii j'ai erré vingt ans comme un spectre sans sépulture ; h ces rues désertes où je me plongeais au sein des nuits , poussé par quelque dessein sinistre; je pense il mes travaux , i mes jours de découragement ; j'ouvi« les bras , et je vois passer les fantômes des femmes que j'ai possédées, mes plaisirs , loes peines , mes espérances I Ah ! mon ami , comme tant est foudrojé , comme tout ce qui fermentait eu moi s'est réuni en une seule pensée : l'aimer 1 C'est ainsi que mille insectes épsrs dans la poussière viennent se réunir dans un rayon du soleil.

Que veui-tu que je te dise 1 et de quoi servent les paroles quand elles viennent après l'action ? Un amour comme le tien n'a pas d'ami.

COBDIANI.

Qu'ai-je eu dans le cœur jusqu'à présent? Dieu merci , je n'ai jamais cherché la science, je n'ai voulu d'aucun état; je n'ai jamais donné un centre aux cercles gigantesques de la pensée; je n'y ai laissé entrer que l'amour des arts, qui est ['encens de l'autel , mais qui n'en est pas le dieu. J'ai vécu démon pinceau, de mou travail; mabmon travail n'a nourri que mon corps; mon ime a gardé sa fiiim céleste. J'ai posé sur le seuil de mon cœur le fouet dont Jésus^hrist UaBella

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