‹ Comédies et proverbesChapitre 4 sur 304 · ACTE 1 , SCËNE 1. S · texte numérisé non relu

ACTE 1 , SCËNE 1. S

le» vendeun du temple. Dieu merci , je a'al jamalB aimé ; moo cœur n'était à rien jusqu'à ce qu'il fût à elle.

Comment exprimer tout ce qui se pawedans mon Éme? 1« U vois heureux. Ne m'cs-tu pas aussi cher que lui ? cobuiam.

Et maintenant qu'elle est k moi , maintenanl'qu'aMis à ma tabk, je laisse couler comme de douces larmes les ven iosenië* qni lui parlent de mon amour , et que je crois s«ilir derriéra moi son fanlâme charmant s'incliner sur mon épaule pour les lire ; maintenant que j'ai un nom sur les lèvres , 6 mon ami I quel est l'homme ici-bas qui ti'a pas tu apparaître cent (ois, mille fois , dans ses rêves , un être adoré , fait pour lui, devant vivre pour lui? Eh bienl quand un seul jour au monde oa devrait rencontrer cette tète, la serrer dans ses bras et mourir!

Tout ce que je puis te répondre , Cordiani , c'est que ton

bonheur m'épouvante. Qu'André l'ignore , voilà l'important I

coeotANi.

Que veut dire cela? Crois-lu que je l'aie séduite? qu'elle ait réfléchi et que j'aie réfléchi ? Depuis un an je la vois tous les jours ; je lui parle , et elle me répond ; je fais un geste , et elle me comprend. Elle se met au claveciu , elle chante , et moi , les lèvres entr'Duvertee , je regarde une longue larme tamber en silence sur ses bras nus. Et de quel droit ne serait-elle pas

De quel droit?

COBDUM.

Silence! j'aime et je suis aimé. Je ne veni rien analyser,

rien savoir; il n'y a d'heureui que les enfants qui cueillent

un fruit et le portent k leurs lèvres sans penser à autre chose,

sinon qu'ils l'aiment el qu'il est k portée de leurs mains.

ViMIEN.

Ah '. si tu étais U , b cette place où je suis , et si tu le jugeais toi-même ! Que dira demain l'homme k l'enfant?

Non ! non ! Est-ce d'une orgie que je sors , pour que l'air du matin me frappe au visage? L'ivresse de l'amour est-elle une débauche, pour s'évanouir avec U nuit? Toi, que voilà, Da-

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6 ANDRË DEL SARTO.

mien , depuis comlùea de temps m'as-lu vu l'aimer? Qu'as4u idire à présent, toi qui es resté muet, toi qui as vu pendant une année chaque battement de mon cœur , chaque minute de ma vie, se détacher de moi pour s'unir à elle? et je suis coupable aujourd'hui? Alors pourquoi suia-je heureux? Et que me diras-lu d'ailleurs que je ne me sois dit cent fois k moi-mémeî Suis-je un libertin sans cœurî suis-je un athée? Ai-je jamais parlé avec mépris de tous ces mots sacrés, qui , depuis que le monde eiisie , errent vainement sur les- lèvres des hommes? Tous les reproches imaginsbles , je me les suis adressés, et cependant je suis heureux. Le remords , la veageance. hideuse , la triste et muette douleur , tous ces spectres terribles sont venus se présenter bu seuil de ma porte ; aucun n'a pu réster debout devant l'amour de Lucrèce. Silence I on ouvre les portes ; viens avec moi dans mon atelier. Là , dans une chambre fermée k tous les yeui , j'ai taillé dans le marbre le plus pur l'image adorée de ma maîtresse. Je veux te répondre devant elle; viens, sortons; la cour s'emplit de monde, et l'académie va s'ouviir.

Il* torleM, Lei ptintrei travtTttnt la cour «n totu leni. LIONEL ET CÉSARIO t'mianctnt.

Que d'écoliers autrefois dans celle académie! comme on se ' disputait pour l'un , pour l'autre 1 quel événement que Fappalition d'un nouveau tableau! Sous Michel-Ange , les écoles étaient de vrais champs de bataille; aujourd'hui elles se i«mplissent à peine, lentement , déjeunes genssileucieui. On travaille pour vivre, et tes arts deviennent des métiers.

Dinlz-MNGoOglc

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