SCENE VIII. SU
k ^adre un Me el à en donoer Im répliques. Il ne s'agit que Au savoir, dans ce monde, à qui les gens s'adreMent quand ils TOUS parlent , si c'est au r^l on au convenu , à la personne ou au personnage.
HàKiUIB DE LÉRT.
J'eotends; c'est an cboii qu'on peut faire; mais où s'y re- «Hiaalt le public T
KADIHE DE LERÏ.
Vous renoDcei donc à ee Tameui nom ? Allons , vofons , doDoer-moi cette bourse.
Une femme d'esprit, pareiemple fune femme d'esprit sait tant de choses 1 ) , ne doit pas se tromper, k ce que je crois , sur le vrai caractère des gens ; elle doit bien voir, au premier . coup d'œil...
HIDUE DE LÉRT.
Décidément vous gardei la bourse?
CHiVICNÏ.
Il me semble que vous y tenei beauconp. Une femme d'cspril, n'esl-il pas vrai, madame, doit savoir faire la part du mari , et celle de l'homme par coDséqnenf ? Comment étes- Tous donc coiiïée? Vous étiez toute en fleurs ce matin.
MADAME DE LÉHY,
Oui ; (ja me gênait , je me suis mise ï mon aise. Ah ! mon Dieu , mes cheveux sont débits d'un cMé.
eu» te Une et l'a/utls dwant ta glace.
Vous svei la plus jolie laille qu'on puisse voir. Vue franme d'esprit comme vous., ,
HÀDAME DE LÉRT.
Une femnM d'esprit comme moi se donne au diable quand elle a aOiiire à un homme d'esprit comme vous,
CBAVIGNT.
Qu'à cela ne tienne ; je suis asseï bon diable.
■ADAMB DE LÉRT.
Pa> pour moi , du moi)» k ce que je pense.
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C'est qu',a[^ rem ment quelque autre nie fait tort. Qu'est-oe que ce propos-U veut dire?
CBAVIGHY.
Il veut dira que si je vous déplais, c'est ^ne quelqu'un m'ein-
UADAME DE LÉRT.
C'est modeste et poli ; mais vous voua trompei : personne ne me plait , et je ne veux plaire à personne.
àvee votre âge et ces yeus-là , je vi nKamr. de ï.éi C'est cependant la vérité pure.
Si je le croyais, vous m» donneriez bien mauvaise opinion des bomines.
HiDAHE DE LÉHI.
Jo TOUS le ferai croire bien aisément, i'ai une vanité qui ne vent pas de maître.
CBIVKIHT.
Ne peut^lle souHrir ua serviteur.
NIDAIE BE LÉRT.
Bahl serviteurs ou maitrcs, vous n'êtes que des tjrraus.
C'est assez vrai , et je vous avoue que là-dessus j'ai toujours délesté la cuuduite des hommea. Je ne sais d'où leur vieut celle manie de s'imposer, qui ne sert qu'à se foira haïr.
HinAME DE LËRV.
EbUx votre opinion sincère?
CHAVIONÏ.
Très-sincère; je ne conçois pas comment on peut se figurer que parce iju'on a plu ce soir, on est en droit d'en abuser de-
C'est pourtant le chapitra premier de l'histoire universelle.
Oui, cl si les hommes avaient k sens commun là-dessus, tes femmes ne seraient pas si prudentes,
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SCËNE VIII. 663
HiDlME DE LÉHT.
C'est possible ; les liaisoDS d'aujourd'hui Hfut des mariages, et quand il s'agit d'un jour de noce, cela vaut la peine d'y penser,
CHITIGHT.
Vous avez mille fois raison ; et , ditea-moi , pourquoi en estil ainsi ? pourquoi tant de comédie et si peu de franchise? Une jolie femme qui se Ge à un galant homme ne aaurait-elle le distinguer? il n'y a pas que des sols sur la terre.
C'est une question eu pareille circonstance.
Hais je suppose que, par hasard, il se trouve un homme qui , sur ce point , ne soit pas de l'avis des sots ; et je suppose qu'une occasion se présente où l'on puisse être franc sans dan, ger , sans arrière-peuscc , sans crainte des indiscrétions. [Il lui prend la main.) Je suppose qu'on dise i une femme : Nous sommes seuls , vous êtes jeune et belle , et je fais de votre esprit et de votre coeur tout le cas qu'on en doit faire. Mille obstacles nous séparent , mille chagrins noua attendent si nous essayons de nous revoir demain. Votre fierté ne veut pas d'un joug , et votre prudence ne veut pas d'un tien ; vous n'avez h i-edoàter ni l'un ni l'aulrc. On ne vous demande ni protestation , ni engagement , ni sacrifice , rien qu'un sourire de ces lèvres de rose et un regard de ces beaui yeui. Souriez pendant que cette porte est fermée ; voire liberté est sur le seuil ; vous la retrouverez eu quillanl cette chambre; ce qui s'olTce k vous n'est pas le plaisir sans amour , c'est l'amour sans peine et sans amertume; c'est le caprice, puisque nous en parlons, non l'aveugle caprice des sens, mais celui du cœur, qu'un moment fait naître et dont le sonvenir est éternel.
Vous me parliez de comédie; mais il paraik qu'fc l'occasion jous eu joueriez d'assez dangereuses. J'ai quelque envie d'a- 'oir un ca'price, avant de répondre à ce diacours-là. Il mo iemble que c'en est l'inslant, puisque vous en plaidez la Ibèss. Wez-vous lli un jeu de cartes?
Oui, dans cette table; qu'eu voulez-vous faire'!'
l&-ioy[c
MIAUIE DE LBI1.
DoDDei-4e-n)oi , j'ai ma fantaisie , et tous élei forcé d'obéir ti vaut ne voulca voui contredire. (£(le prend wm corfa âmu le jeu.) AIIoub , comte , dites rouge ou noir. CBKvan.
Voulei-Toai me dire quel est l'enjeu?
lUDUlE DE LÉBT.
L'eojeu est une discrétion *.
CHAviaiT.
Soit. ^ J'appelle rouge.
a »vet perdu. Donnes-moi aelt«
De tout mon cœur, mais je garde la rouge, et quoique sa couleur m'ait fait perdre , je ne le lui reproctierai jamais^ car je «eii auNÏ bien que vous quelle e«t la main qui me l'a faite.