MADAME DE LÛT
Est-elle petite ou grande, cette main?
CHAVJGHT.
Elle ett charmante et douce comme le salin.
MADAME DE LÉBT.
Lui p«ineitei-Y0U8 de satisfaire un petit mouvement de jatouûe?
Elit jette au ftu la ftoursa blea».
CBATIGHT.
Emestine, je vous adorol MADAME DE LÛT f«^rd< triltT la bauree. file e'vpfndt» à» Chavigng et lui dit tendrement ; Vous n'airaei donc pLua madame de Blainville?
CHAVICNT.
AhlgrandDieul jeneTai jamais aimée.
MADAME DE LÉRT.
NI mM non plus , moasieur de Chavigny.
CHAViGirr.
Mais qui a pu vous dire que je pensais h cette femme-U?
kCùhi'^Ic
Ah ! ce n'esl pas elle à qui je demanderai îamaïa un initanl de bonheur ; ce n'eel pas elle qui me le donnera I
Ni moi non plus, nwiwiettr de Chav^j. Vous veaet de me foire «n peltt Mcriflce , et c'est Irés-galant de votre part; mais je ne veux pas vous tromper : la bourse rouge n'est pas de ma faijon.
lilst-il possible? Qui eslHse donc qui l'a faite?
C'est une main plus belle que la mienne. Faites-moi la gréce de réOéchir une minute et de m'eipliquer cette énigme à mon tour. Voue m'avez fait, en hon fran^is, une déclaration très-aimable ; vous vous êtes mis à deux genoui par terre, et remarquei qu'il n'y a pas de tapis ; je vous ai demandé voira bourse bleue, et vous me l'avez laissé brûler. Qui suis-je donc, dites-moi, pour mériter tout cela? Que me trouvezvous de si extraordinaire? Je no suis pas mal, c'est vrai; je Buis jeune ; il est certain que j'ai le pied petit. Hais euUn ce n'est pas si rare. Quand nous nous serons prouvé l'un à l'autre que je suis une coquette et voua un libertin , uniquement parce qu'il est minuit et que nous sommes en tête-i-léte, voilà uu beau fait d'armes que nous aurons à écrire dans nos mémoires I C'est pourtant là tout, n'est-ce pas? Et ce que vous m'accordez en riant, ce qui ne vous coâte pas même un regret , ce sacriflce insigniflani que vous laites à un caprice plus insigoiBant encore , vous le refusez k la seule femme qui vous aime , à la seule femme que vous aimics !
On anlend la bruit d'une voitun.
(«LIVIGNT.
Hais , madame , qui a pu vous instruire?.. .
IIU>A«E DE LÉnT.
Parlei plus bas , monsieur, la voilà qui rentre , et cette voiture vient me ebercber. Je n'ai pas le temps de voua faire ma morale; vous étea homme de cœur, ei votre cœur vous la fera. Si TOUS trouvez que Hatbilde a les yeux rouges, esauyei-les avec celte petite bourse que ses larmes reconnaîtront, car c'est votre bonne , brave et fldéle femme qui a passé quinze jours ila faire. Adieu; vous m'en voudrei aujourd'hui , mais <""'
i,CÙHl«^[c
536 UN CÂPUICE. SCENE Vlll.
aurei demaia quelque amitié pour nioi , et , croyei-inoi , cela vaut mieux qu'un caprice. Maia s'il vous eu faut un absolameut, tenez , voilé Hatbilde, tous en avez un beau à tous passer ce soir. 11 vous en fera , j'espère , oublier un autre que personne au monde, pas même elle, ne saura jamais.
Maihilde entre, madame dt Léiy va à la rencontre et l'cmbroue ,- M. dt Chavigny la regarde , i[ l'approche d'ellei, prend i ur la tète de sa femme la guirlande de ^eurj de madame de Léry . et dit à celteet en la lui rendant .-
. le vous demande pardon , madame , elle le saura , et je n'oublierai jamaisqu'nn jeune curé fait les meilleurs se