ACTE i , SCÈNE TV
Je suis un prêtre , allesse; ai l«s [laroles que mon devoir me Torce k vous rapporter Rdélement doivent être interprétées d'une manière aussi sévère , mon coeur me défend d'y ajouter un mot.
-" LE DOC
Oui , oui , je tous connais pour un brave. Vous êtes , pardieu , le seul prêtre honnête homme que j'aie vu de ma vie.
ViLOBl.
Monseigneur, l'honnêteté ne se perd ni ne se gagne sous aucun habit; et parmi les hommes il y a plus de bons que de
Voulra-vouB que je parle, monseigneur? tout est facile â expliquer.
LE DUC
Eh bien?
siHC iNiVnicE.
I«g détordres de la cour irritent le pape..
Que dis-tu li, loi?
SIBE MtDRICE.
J'ai dit les désordres de la cour , altesse; les actions du duo n'ont d'autre juge que lui-même. C'est Lorenzo de Hédicis que le pape réclame comme transfuge de sa justice.
LE DUC
De sa.J|plice? Il n'a jamais orfeosé le pape à ma connais^ sancei,'que Clément TU, feu mon cousin, qui, Il cette heure, est en enfer.
Clément Vil a laissé sortir de ses Ëlals le libertin qui , un jour d'ivresse , avait décapité les statues de l'arc de ÇonstanUR. Paul ni ne'ssurail pardonner au modèle titré de la débauche florentine.
Ah 1 parbleu , Aleiandre Farnèse est un plaisant garçon ! Si la débauche l'elTarouche, que diable fait-il de son bâtard , le cher Pierre Farnèse, qui traite si joliment révêquedcFano? Cette mutilation revient toujours sur l'eau, à propos de ce
i,CÙHl«^[c
]>auvrc Benzo. Uoi , je Irouve cela drôle , d'avoir coupé (a léte à tous ces hommes de pierre. le protège les arts comme un autre, et ]'ai cbez mot les premiers artistes de l'Italie; mais je n'enleuds rien au res[iect du pape pour ces statues qu.'il eicommunierail demaiu , si elles étaient en chair et eu os.
Lorenzoesl un athée; il se moque de tout. Si legouTememenl de votre altesse n'est pas entouri^ d'an profond respect, il ne saurait être solide. Le peuple appelle Iiorenzo Loreozaccio : en tait qu'il dirige vos plaisirs , et cela saflit.
LE DCC
Paix ! lu oublies que Lorenzo de Uédicis est cousin d'Alexandre.
EntTt U confinai CHo.
Cardinal, écoulez un peu ces messieurs qui disent que le pape est scandalisé des désordres de ce pauvre Renzo , et qui prél<>ndent que cela fait tort à mon gouvernement.
Hestire Franceseo Holza vient de débiter à l'Académie romaine nne harangue en latin contre le mutilateur de l'arc de Conslaulin.
Allons donc , vous me metlriei en colère ! Benio , un . homme à craindre! le plus llelTé poltron! une femmelette, l'ombre d'un rufQan énervé! un rêveur qui marche nuit et joursans épée,de peur d'en apercevoir l'ombre à eon'cAlé! d'ailleurs uii philosophe , un gratteur de papier, ua méchant poêle , qui ne sait seulemeot pas faire un sonnet ! Non , non , je n'ai pas encore peur des ombres. Eh ! corps de Bacchus ! que me font les discours latins et les quolibets de ma canaille! J'aime Lorenzo, moi , et, par la mort de Dieu! il restera
Sijecraigoais cet homme, «e ne serait pas pour' votre cour, ni pour Florence, mais pour vous, duc.
LE DOC
Plaisantei-voiis , cardinal , et voutei-vous que je vous di«e la vérité T
/l M parle fiai.
Tout ce que-je sa» de ces damnés haDnis, dé tons ces ré-