‹ Comédies et proverbesChapitre 50 sur 304 · DEUXIÈME BOURGEOIS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME BOURGEOIS

Toilà des malheurs inévitables. Que voute^vous que fasse )a jeunesse d'un gouvernement comme le ndtre? On vient irier A son de trompe que César est A Bologne; et les badauds répètent : " César est a Bologne, n en clignant des yeux d'un air d'importance , sans réfléchir à ce qu'on y fait. Le jour suivant, ils sont plusjieureui encore d'apprendre et de répéter: » l.e pape est ti Bologne avec César, h Que s'ensuit-il? Une réjouissance publique , ils n'en voient pas davantage ; et puis un beau malin ils se réveillent tout-endormis des fumées du vin impérial , et ils voient une ligure sinistre A la grande fenêtre du palais des Pani. Ils demandent quel est o

Coo<!}c

?e LORENZACCIO.

«oniiage, et on leur répond quec'eslleurroi. Le pape et- l'empereur «ont ac«oucbeid''unbât8nlquiBdroitdevieetde mort sur n'M Hifants , et qui ne pourrait pas oomnter sa in««. L'onFÊVRB, l 'approchant.

Vous parlez en patriote, ami ; je voua conseille de prendre garde à ce flandriu.

Pau» vn officier àUtmand.

Otez-vouB de lA , mesaieure; dea damea veulent a'aMeoir, Deux damu dt la vottr «nireni e( g'auioient. PBEMIÊBE DàHE.

Cela est de Veuiae?

LE MAIlCHtNn.

Oui, magnifique aeigneurie; vous en lèverai-je quelques

Si tu V

11 va et vient à la porte de l'élise; c'eat un galant.

DEtUÈHE DtME.

C'est un insolent. Hontrez-moi des bas de soie.

l'officieb.

U n'y en aura pae d'asaeï'petils {tour voua.

PREHIÈBE DâHE.

Laisaèi donc , voua ne aavei que dire. Puisque vous Julien , allez lui dire que j'ai à lui parler. l'officieb.

J'y vais , et je le ramène.

flMfl.

Il est béte à faire plaisir , ton olUcier; que peui-tu foire de cela?

nEDUÈlfE DIME.

Tu sauras qu'il n'y a rien de mieux que cet homme-là. Elle* t'iloignent.

Entrt l« prieur de Capout.

-LE PRIEGH.

DonneE-moi un verre de limonade, brave homme.

D,niz=rtNGoO«^lc

UN DES BOUBGBOIS.

Voila le prieur de Capoue; c'est lA ud patriote! Lu deiw boargtoii te rautoUnt.

Vous venei de relise , meesieun? que diles-Tous du nf-

LG BOORGEOIS.

Il était b«au , set^eur prieur.

DËDIIÈHE BOVHGEOIS , à l'orfêVTt.

Celte noblesse des Stroni est chère au peuple , parce qu'elle n'est pas flére. N'est-il pas agrénble de voir ua grand seigneur adresser librement la parole à ses voisins d'une manière affable? Tout cela fait plus qu'on ne pense.

S'il Tant parler franchement, j'ai trouve le sermon trop beau; j'ai prêché quelquefois, el je n'ai jamais tiré grande , gloire du tremblement des vitres. Mais une petite larme sur la joue d'un brave homme m'a toujours élé d'un grand

Entre Salvialf.

BALVIATI.

On m'a dit qu'il j avait ici des femmes qui me demandaient tout ï l'heure. Uaia je ne vois de robe ici que la vdtre, prieur. Est-ce que je me trompe7

LE HitHCHlNO.

Excellence, on ne vous a pas trompé. Elles se sont éloignées ; mais je peuse qu'elles vont revenir. Voila dix aunes d'étoffes et quatre paires de bas pour elle». siLvitTi , t'tuteyant.

Voilà une jolie femme qni passe. — Où diable l'ai-je donc ïwe7 — Ah! parbleu , c'est dans mon lit. LE FBlEtm , ou bourgeois.

Je crois avoir vu votre signature sur une lettre adressée an

LORENZ&CCIO.

Deux, Eicetlence : iuod père el mon oaele; il n'y a plus ()ue moi d'homme à la maison.

CommeceSalviatia une mécbaate langunl l'obféviie.

Cela n'est pas étonnant; un homme à moitié ruiné, vivant des générosité de ces Hédicis , cl inarié comme il l'est k une femme déshonorée partout ! Il vendrait qu'on dit de tontes les femmes posûbles ce qu'on dit de la sienne.

N'est-ce pas Louise Strozzi qui passe sur ce tertre?

Elle-même, seigneurie. Peu des dames de notre noblesse me sont inconnues. Si je ne me trompe , elle donne la main A sa sœur cadette.

J'ai rencontré cette Louise la nuit dernière au bal de Nasi ; elle a , ma foi, une jalie jambe , et nous devons coucher ensemble BU premier jour.

Comment l'entendeï-vous?

Cela est clair; elle me l'a dit. Je lui tenais l'élrier, ne pensant guère à maUce; je ne sais par quelle disIracUon je lui pris la jambe, el voilà comme tout est venu.

LE PRIEUR

Julien, je ne sais pas si lu sais que c'est de ma sœur dont

Je le sais très-bien ; toutes les femmes sont faites pour coucher avec les hommes, el ta sœur peut bien coucher avec moi.

LE PBiBDB le lève.

Vous dois-je quelque cbwe , brave homme?

Il jau uni pieee A» monnaie lur la tabU tt tort.

StLVIATI.

J'aime beaucoup ce brave prieur, A qui un propos sur sa soeu)' a fait oublier le reste de son argeal. Ne diraiU>n pas

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