‹ Comédies et proverbesChapitre 51 sur 304 · MARIE SODERINI, CATHERINE · texte numérisé non relu

MARIE SODERINI, CATHERINE

Le soleil comineuce i baisser. De laides bandes de pourpre traversent le feuillage , et la grenouille fait sonner sous les roseaux sa petite cloche de cristal. C'est une singulière chose que toutes les harmonies du soir avec le bruit lointain de cette ville,

llest (empsde rentrer; noue ton voile autour de ton cou.

Pas encore, It moins que voua n'ayez froid. Regardez, int mère chérie * ; que le ciel est beau ! que tout cela est vaste ei tranquille I comme Dieu est partout! Hais voua baissez h tête; vous êtes inquiète depuis ce malin.

0 ma mère, la lâcheté n'est poiiit un crime; le courage n'est pas une vertn ; pourquoi la faiblesse est-elle blâmable 1 Répondre des batlemenis de sou cœur est un triste privilège; Dieu seul peut te rendre noble et digne d'admiration. Et pourquoi cet enfant n'aurait-il pas le droit que nous avons toutes, nous autres femmes? Une femme qui u'apeur de rien n'est pas aimable, diton.

Aimerais-tu un homme qui a peur? Tu rougis, Catherine; Lorenzo est ton neveu , tu ne peux pas l'aimer. Hais figure-loi

qu'il s'appelle de tout autre nom , qu'en peuterais-lnî Quelte femme voudrait s'appuyer Bur son bras pour montera dievaLI quel homme lui serrerait la main?

Cela est triste, et cependant ce u'est pas de cela que je li plaJDS. Sou cœur u'est peut-être pas celui d'un H^icia; mais hélas l c'est encore moins celai d'un honnête homme.

N'eu parlons paa , Catberine ; — il est assez cruel pour um mère de ne pouvoir parler de son fils.

Ahl cette Florence! c'est là qu'on l'a perdu! N'ai-je pas va , briller quelquefois dana gea yeui le feu d'une noble ambition f Sa jeunesse n'a-t-clle pas ëté l'aurore d'un soleil levant? Et souvent encore aujourd'hui il me semble qu'un éclair rapide... — Je me dis malgré moi que tout n'est pas mort eu lui.

Ahl (ont cela est un abimel Tant de faciLlé, un si doux amour delà solitudel Ce ne sera jamais ungaerrier qae mon Renzo, disais-je en le voyant rentrer de son collège, tout baigné de sneur, avec ses gros livres sous le bras; mab un saint amour de la vérité brillait sur ses lèvres et dans ses yeui noirs; il lui fallait «''inquiéter de tout, dire sans cesse : • Celui-lï est pauvre, celui'Jiest ruiné; comment faire? » Et cette admiration pour les grands hommes de son Plutarque! Cathe. fine, CaUierine, que de fois je l'ai baisé au front en pensant au père de la patrie!

CITHEBIKE.

Ne vous alBigex pas.

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