‹ Comédies et proverbesChapitre 80 sur 304 · ACTE lil, SCÈNE III. Iî · texte numérisé non relu

ACTE lil, SCÈNE III. Iî

tu as jamais éléquelque chose d'hoaaéle, wis-lo aujourd'hui. Pierre et Thomas sont en prisou.

LORBNZO. *

Oui , oui , je sais cela.

PHILIPPE

Est-ce là ta réponse? Est-ce là ton viugc, homme sans épée?

LOBENZO.

Que veux-tu? dis-le , el lu auras alors ma réponse.

PHIUPPE.

Agir! Comment , je n'en sais rien. Quel moyen employer , quel levier mettre sous celte citadelle de mort , pour la soulever et la pousser dans le Ûeuve ; quoi faire , que résoudre , quels hommes aller trouver , je ne puis le savoir eucore. liais a5Îr, agir, agir] 0 Lorenzo, le temps est veau. N'es-tu pas diiïamé, traité de chien et de sans cœur? Si je t'ai tenu en dépit de tout ma porte ouverte , ma main ouverte, mon cœur ouvert, parle, et que je voie si je me suis trompé. Ne m'as-tu pas parlé d'un homme qui s'appelle aussi Lorenzo , et qui se cache derrière le Lorenzo que voilà ? Cet homme n'aiine-l-ii pas sa patrie , n'est-il pas dévoué à ses amis? Tu le disais , et je l'ai cru. Parle, parle, le temps est venu.

Si je ne suis pas tel que vous le désirei, que la soleil- me tombe sur la tète !

Ami, rire d'un vieillard désespéré , cela porle malheur; si tu dis vrai , à l'action I J'ai de toi des promesses qui engageraient Dieu lui-même , et c^esl sur ces promesses que je l'ai refu. Le rôle que tu joues est un rôle de houe et de lèpre , tel que l'enfant prodigue ne l'aurait pas joué dans un jour de démence; et cependant je t'ai reçu. Quand le» pierres criaient à ton passage , quand chacun de tes pas faisaient jaillir des mares de sang humain , je t'ai appelé du nom sacré d'ami, je me suis fait sourd pour te croire, aveugle pour t'aimer; j'ai laissé l'omhre de ta mauvaise réputation passer sur mon honneur, et mes enfants ont douté de moi en trouvant sur ma ■nain la trace hidense du contact de la tienne. Sois honnête, car je l'ai étd; agb, car tues jeune, et je suis vieux.

Pierre et Thomas sodI en priBon ; est-ce là tout?

0 ciet et terrel oui, c'est là tout. Presque rieu, deux enfants de mes entrailles qui vout s'asseoir au banc des voleurs. Deui têtes que j'ai baisées autant de fois que j'ai de cheveux gris, et que je yaîs trouver demain matin clouées sur la porte de la forteresse; oui, c'est là tout, rien de plus , en vérité.

Ne me parle pas sur ce Ion , je suis rongé d'une tristesse auprès de laquelle la nuit la pins somhre est une lumière éblouissante.

ri l'aiseoit prk de Philippe.

Que je laisse mourir mes enfants, cela est impossible, voistu ! On m'arrachersit les bras et les jambes , que , comme le serpent , les morceaux mutilés de Philippe se rejoindraient encore el se lèveraient pour la veugeance. Je connais si bien tout cela '. Les Huit ! un tribunal d'hommes de martyre I une fbrét de spectres , sur laquelle passe de temps en temps le vent lugubfe du doute qui les agite pendant une minute, pour se résoudre en un motsans appel. Un mot, un mot, ôconscienw! Ces hommes-là mangent , ils dorment , ils ont des femmes et des filles I Ah ! qu'ils tuent et qu'ils égorgent ; mais pas mes enlànta , pas mes enfants !

Pierre est un homme ; il parlera , et il sera mis enjiberté.

O mon pierre , mon premter-né t

Rentrez ehei voua , («lei-vous tranquille ; ou faites mieni , quitte! Florent». Je vous réponds de tout, si vous quittes Florence.

rniUPPE.

Uoi, un bauai! moi dans un lit d'auberge à mon heure dernièrelO Dieu! toutcela pour une parole d'un Salviati.

Saefaes-le, Salvialî voulait séduire votre BUe, mais nonpa* pour lui seul. Alexandre a un pied dans le lit de eel homme; il y eierce le droit du seieneur sur la proBtitulion,

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