‹ Comédies et proverbesChapitre 81 sur 304 · ACTE 111, SCËME IH. 1S · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCËME IH. 1S

Et ooiM n'agiront pa»! 0 Lorento, Loreniol lu e* un boranie ferme, toi; parle-moi, je auia bible, et moa cœur Ml trop intéressé dans tout cela. Je m'épuise, vois-tu; j'ai trop réflédit ici-b«e; j'ai trop tourné sur moi-même, comnte un ebe^al de prewoir ; j« ne vaui plus rien pour la bataille. Dismoi ce que tu pente», je le ferai.

LonEHw.

Renlret chei tous, mon bon monsieur.

VoilA qui est certain , je vais aller chez lee Pimi ; là sont cinquante jeunes gens tous dcformitiés. Ils ont juré d'agir; je leurparlorai noblemenl, comme un Strozzi et comme un père, et ils m'entendront. Ce soir , j'inviterai à souper les quarante membres de ma famille ; je leur raconterai ce qui ra'arrivc. Nous verrons, nous verrons! rien n'est eucoce fait. Que les Hêdicis prennent garde il eut 1 Adieu , je vais chez les Paui ; aussi bieUgj'y allais avec Pierre, quand on l'a arrêté.

LOBENEO.

n y a plusieurs démons, Philippe; ratui qui le (ente en ce rnooient n'est pas le moinsh craindre de tons.

Que veus-tu dire î

Prend»-; garde , c'est un démon plus beau que Gabriel : la liberté , la patrie, le bonheur des hommes, tous ces meta résonnent â son approche comme tes cordes d'une lyre; c'est le bruit des écailles d'argent de ses ailes Qamboyanlet. Le» larmes de ses yeux fécondent la terre, et il tient à la main la palme des martyrs. Ses paroles épurent l'air autour de ses lèvres; son vol est si rapide que nul ne peut dire où il va. Prends-y garde! une fois dans ma vie je l'ai vu traverser le* cieui. J'étais courbé sur mes livres; le toucher de sa main a (iit frémir mes cheveux comme une plume l^ëre. Que je l'aie -écouté ou non , n'en parlons pas.

Je ne (e comprends qu'avec peine, et je ne sais pourquoi j'ai peur de le comprendre.

N'avcc-Toni dans ta tôle que cela : délivrer voa 111s ? Helles la main sur la couscience ; quelque autre pensée pins vaste , plus terrible, ne vous entrai ne-1-elle pas comme un chariot étourdissant au milieu de celte jeunesse t

Eh bien ! oni , que l'injustice Taite a ma Tamilte soil le signal de la liberté. Pour moi, et pour tous, j'irall

LOREHZO.

Prends ' garde è loi , Philippe , tu as pensé au bonheur de l'humanité.

païUFPE.

Que veux dire ceci7 Es-lu dedans comme dehors une vapeur infecte ? Toi qui m'as parlé d'une hqueur précieuse dont lu étais le Qacon , esl-ce là ce que tu renfermes?

LOBENZO.

Je suis en effet précieux pour vous , car je tuerai Alexandre.

Toi 7

LOIIENZO.

Moi , denwin ou aprè»-demaia. Bénirez ches vons , tlcfaei de délivrer vos eoraols; si vous ne le pouvez pas , laisaei-leur subir une légère punition ; je sais pertinemment qu'il n'y a pas d'anlres dangers pour eux , et je vous répète que d'ici t quelques jours il n'y aura pas plus d'Alexandre de Médids à Florence qu'il n'y a de soleil k niiniiit.

PÛILIPPE.

Quand cela serait vrai , pourquoi aurais-je tort de penser k la liberlé? Ne viendra -l-elle pas quand tu auras fait ton coup, si tu le fois?

Philippe , Philippe , prends garde à toi. Tu as soixante ans de vertu sur ta léle grise ; c'est un enjeu trop cher pour le jouer aux dés,

PHILIPPE

Si tu caches sous ces sombres paroles quelque chose que je puisse entendre, parle; tu m' irri les singulièrement. LOUER zo.

Tel que tu me vois , Philippe , j'ai été hoiincic. J'ai cm b la vei'lu , à la grandeur humaine , comme ud mariyr croit à son

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