‹ Comédies et proverbesChapitre 84 sur 304 · ACTE m, SCËNE IIL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCËNE IIL

le croU k rhonnéteU des répablicaioï.

le te fais ane gageure. Je vais tuer Ateiandre; nne fon moD coup fait , «i [es républicsinB se comportent comme ils te doivent, il leur sera facile d'établir ane république, la pins belle qui ait jsmaiR fleari sur la terre. Qu'ils aieDt ponr eux le peuple, et tout est dit Je le gage que ni eut ni le peuple De fcrout rien. Tout ce que ]e te demande, c'est de De pas l^eu mêler; parle, si tu le veux, mais prends garde à les paroles, et encore plus à tes actions. Laisse- moi faire mon coup; tu as les mains pares , et moi , je n'ai rien A perdre.

PHIUPFE.

Fais-le, «t tu verras.

LonENzo.

Soit, — mais souviens-toi de ceci. Vois-tu dans celte petite maison cette famille assemblée autour d'une table? ne diraiton pas des hommes? Ils ont un corps, et une ime dans ce corps. Cependant, s'il me prenait envie d'entrer chez eux, tout seul , comme me voili , et de poignarder leur fils atné au milieu d'eux, il n'y aurait pas uu couteau de levé sur moi.

PHILIPPE

Ta me fais horreur. Comment le cœur peut-il rester grand avec des mains comme les tiennes?

LOBENZO.

Tiens, rentrons à ton palais, et ttchons de délivrer (eien-

PHILIPPE

Hais pourquoi tueras-tu le duc, si tu as des idées pareillei? Pourquoi? lu le demandes?

PHIUPPE.

Si tu crois que c'est un meurtre inutile à ta pa^ie , comment le commeta-lii?

LOBEHZO.

Tu me demandes cela ea face? r^rde-moi un peu. J'ai été beau , tranquille et vertueux.

PHILIPPE

tjuelabimel quel abime lu m'ouvres!

la

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Tu me demandes pourquoi je tae Aleiandre? Veui-lu donc que je m'empoisonne , ou que je »aute dans l'Ârao? veux-tu donc quejeaois un spectre, et qu'en frappant Bur ce aquelelle,

Il frappe la poitrine, il n'en Borte aucun son? Si je suis l'ombre de moi-même, veux-tu donc que je m'arrache le seul fil qui rattache aujourd'hui mon cceur à quelques libres de mon cœur d'autr«foisl Souges-tu que ce meurtre, c'est tout ce qui me reste de ma verluî Saiig«s-tu que je glisse depuis deux ans sur un mur laillé à pic , et que ce meurtre est le seul brin d'herbe où j'aie pu cramponner mes ongles? Crois-(u donc que je n'aie pins d'orgueil , parce que je n'ai plus de honte? et veui-tu que je laisse mourir en silence l'énigme demavie?Oui, cela est certain , si je pouvais revenir à la vertu , si mon apprentissage de vice pouvait s'évanouir , j'épargneraia peul-être ce conducleur de bœufs. Mais j'aime le vin, le Jeu et les fîtles; comprends-la cela? Si tu honores en moi quelque chose, toi qui me parles, c'est mon meurtre que tu honores, peut-être juslement parce que tu ne le ferais pas. Voilà assez longtemps, Tois-lu, que les républicains me couvrent de boue et d'infamie; voilà assez longtemps que les oreilles me tintent , et que l'eiécratiou des hommes empoisonne le pain que je mâche; j'en ai assez de me voir conspué piar 4^ lâches sans nom , qui m'accablent d'injures fuiur se dispenser de m'assommer, comme ils le devraient. J'en ai assez d'entendre brailler en plein vent le bavardage humain ; il faut que le monde sache un peu qui je suis, et qui il est. Dieu merci , c'est peut-être demain que je tue Alexandre ; dans deux jours j'aurai Gni. Ceux qui tournent autour de moi avec des yeux louches, comme autour d'une curiosilé mousirueuse apportée d'Amérique, pourront saUfifaire leur gosier et vider leur sac à paroles. Que les hommes me comprennent ou non , qu'ils agissent ou n'agissent pas, j'aurai dit tout ce que j'ai à dire; je leur ferai lailler leur plume, si je ne leur fais pas nettoyer leurs piques, e( l'humanité ganlera sur sa joue le soulHet de mon ëpéc marqué en traits de sang. Qu'ils m'appellent comme ils voudront, Brutus ou Ërostrale, il ne me plaît pas qu'il m'oublie. Ha vie entière est au bout de ma dague, ol que la Providence retourne on non la (êtcen m'enlendant frapper, je Jette la

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