‹ Comédies et proverbesChapitre 90 sur 304 · ACTE Ut, S<:ÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE Ut, S<:ÈNE VI

In *i«, toi, il est encore Icmpsl Tu n'as qu'un mot h dire. Te souTien»-tu du père de la patrie? Va , cela est facile d'être on graud roi quand ou est roi. Déclare Florence iodépeU' dant«; réclame l'eiécution du Iraité avec l'empire; tire ton épée et itMntre-la ; ils te diront de la remettre au fourreau, que ses ëclairs leur font mal aux yeux. Songe donc comme tu es jeunel Rien n'est décidé sur ton compte. — Il f a dans le cœur dea peuples de larges indulgence» pour les princes , et la reconnaissance publique est un |irofond fleuve d'onbli pour leurs fautes passées. On t'a mal conseillé , on t'a trompé. — Mais il est encore temps ; tu n'as qu'à dire ; tant que tu es Tivanl, la page n'est pas tournée dans le livre de Dieu.

Assex, madière, assez.

U milQDISB.

Ah ! quand elle le sera 1 quand un misérnble jardinier payé à la journée viendra arroser à eontre'Cœur quelques .«bétivee marguerites anlonr du tombeau d'Alexandre; — quand le» pauvres respireront gatment l'air du ciel , et n'y verront pLua planer le soml>re métrioM de la puiasanoe; — 'quand ils.parlerontdetoien MMuant la léte; — quand ils compteront autour de ta tombe les tomlies de leurs parents^ — es-tu sOx de dormir tranqnille dans ton dernier sommeil? — Toi qui ne vas pas à la messe , et qui ne liens qu'à l'impâl , es-tu sûr que l'éternité soit sourde, et qu'il n'y ait paa un écho de la vie dans le ^jour hideux des trépassés? Sais-tu où vont les larmes des peuples quand le vent les emporte?

LE DDC-

Tu as unejolie jambe.

LA NlBQtlSE.

Écoute-moi; tu es^nrdî, je le sais; mais tu n'es pas méchant ; non , sur Dieu, tu ne l'es pas , tu ne peux pas l'être. Voyons, fais-toi violence; — réHétAis on instant, un seul instant i ce que je te dis. N'y a-t-îl rien dans tout cela? Suisjc décidément une folleî

Tout cela me passe bien par la lêle; mais qu'est-ce que je faisdoncdesi mal? Je vaux bien mes voisins; je vaux, ma foi, mieux que le pape. Tu me fais penser aux Stroui avec tous (es discours; — cl tu sais que je les déleste. Tu veux que

je me rdTolle contre Céear; César e«t mon beau-père, ma chère amie. Tu te figures que les Klorentius ne m'aiment pas; je suis aùr qu'ils m'aiment, moi. Eb! parbleu, quand lu auraie raison, de qui veui-tu que j'aie peur?

U IUR«U(SE.

Tu n'as pas peur de Ion peuple , — mais lu as peur de l'empereur; (u as tué ou déshanorë des centaines de eiloyens, et tu crois avoir tout fait quand lu mêla une cotte de mailles sous (un liabit.

Paix! point de ceci.

Ll lURQGISE.

Ahl je m'emporte; jadis oe que je ne veux pas dire. Mon ami, qui ne sait pas que lues brave? Tu es brave comme tu es beau ; ce que tu as fait de mal , c'est ta jeunesse , c'est ta tête, — qiie sais-je, moi? c'est le sang qui coule violemment dans ces veines brûlantes , c'est ce aoleil étoufiant qui noua pèse. — Je l'en supplie, que je ne sois pas perdue sans reaeource ; que mon nom , que mou pauvre amour pour toi ne soit pas inscrit sur une liafeinfime. le suis une femme, c'est vrai, et si la beaut£ est loul pour les femmes, bien d'autres Talent mieux que moi. Hais n'as-tu rien, dis-mai, — di»-inoi dodo , toi I vojoDS I n'as-tu donc nen , ri^ U ?

EUe lai frappe le eamr.

LE DUC

Quel démon ! Asset»a-toi donc là, ma petite. LA MARecisc.

Eh bieni oui, je veux bien l'avouer, oui, j'ai de l'ambition, non pas pour moi ; — mais toi ! toi , et ma ctière Florence ! 0 Dieu 1 tu m'es témoin de ce que je souffre.

Tu souffre*? qu'eatce que tu as?

LA MARQGISG.

Non, je ne souffre pas. Ëconlel éeontel Jevuisquelu t'ennuies auprfademoi. Tu comptes les moments, tu détournes la t£te; ne t'en vas pas encore : c'est peut-être la dernière fois que jeté vois. Ëcoutel je te disque Florence t'appelle sa peste nouvelle , et qu'il n'y a pas une chaumière où ton purtrait ne soit collé sur les murailles avec un coup de couteau

iz=rtNGoo«^[c

dans le cœur. Que je won folle, que tu me ha» ' que m'importe f tu sauras cela.

HBlbeur t toi , si lu joues avec ma oolèr« I

U MIRQUISE.

Oui , ntsUieur à moi ! malheur à moi !

Une autre fois , — demain matin , si tu veux , rous nous revoir, — et parler de cela. Ne le li&che > quille i préseot ; il faut que j'aille h la chasse.

LA HABQUISE.

Oui , malbcur à moi ! malheur â moi !

Pourquoi? Tu as l'air sombre comme l'enfer diahic aussi teméles-tude polilique? Allons, allom rôle de (émme, et de traie femme, le va si bien, dévole; cela se formera. Aide-moi donc ù remeltii lHt,~}e sois tout débraillé.

LA HIBQDISE.

Adieu , Alexandre.

Le due Pemàrauê. — -Entra le cardinal,

LE GABDIKAL.

Ab! — Pardon, allesse, je croyais ma sœur [ou, suis un maladroit; c'est à moi d'eu porter la peii. supplie de m'eicuser.

LE DDC.

Comment l'entendez-Tous? Allons donc, Halasp qui sent le prêtre. Est-ce que vous devez voir ces Venez donc , venez donc ; que diable est-ce que fait?

/Il iorl«nl nuemAl ik HARQUisE , leuU. ttaatit te portrait de ion r

Où efl-tu maintenant , Laurent? Il est midi pa promènes sur la terrasse , devant les grands marron tour de loi paissent tes génisses grasses ; les gar^ni dinent à l'onibre; la pelouse soulève son manleau I aux rajoDi du soleil ; les arbres , entretenus par murmurent religieusement sur la tète blanche de matlre, taudis que l'écho de nos longues arcades r

respect le brnit ie Ion pas tranquille, 0 mon Laurent! j'ai perdu le trésor de ton honneurj j'ai voué an ridicule et au do)il« les dernières années de ta noble lie; tu ne presseras plus sur tu cuirawe un cceur digne du tien ; ce sera une main tremblante qui l'apportera ton repas du soir quand tu rentreras de la chasse.

Page 1