LE DUC, LA DUCHESSE
LA DUCHESSE
Il est tenfps de vous déterminer, Monsieur ; les obstacles de'la part de la cour augmentent à toute heure. Je viens fixer s'a se peut votre irrésolution dangereuse. Demain l'amiral Lopez Ozorio , envoyé d'Espagne , croit vous emmener à Madrid ; demain il faut que tout éclate.
LE DUC
Il faut que tout reste en paix comme aujourd'hui.
LA DUCHESSE
' Qu'est-ce à dire, Monsieur?
' ' LE DUC. ' '
Laissons , laissons-la nos chimères.
LA DUCHESSE
Est-ce ainsi cjlië «vous nommez de nobles projets d'élévàtièa? ; , ,'
LE DUC
Qui me feraient donnât le nom de rebelle.
' * tA- DUCHESSE.
Celui de libérateur.
LE DUC
Croyez-moi , Madame , dépouillez les choses des grands mots dont vous les enveleppez. Que désirez -vous? Me faire roi! Eh bien! plus j Y" pense, moins je me trouve propre" à faire ce métier.
i8 i pinrro;
LA DUCHESSE
Je ne comprends rien à ce langage.
le pue.
Je n en ai pourtant jamais changé i et vous vous ebstinez à ne pas l'entendre , à m'engager dans uïtu conspiration infernale.
* LA DUCHESgE.
N'ètes-vous pas touché du malheur des Portugais?
LE' DUC
Du raoip* je n'en suis pas l'auteur.
Là DUCHESSE.
Êtes -vous insensible au. zèle des grands pour votre cause?
Les grands ne magnent pas plus qu'un autre ; ils me jettent en avatit , parce que mon : jgpni les appuie. Leduc de Yillaréal , le marquis d'Aveiro , leur conviennent autant que moi. *Tenez, tenez, j'abdique volontiers çn leur faveur.
LA. DUCHESSE
Raillez-vous ? Quoi J à la veille d'un jour si désiré, d'une conjuration prête à éclpre... après mtt de soi4*qu£ j'ai pris!...
LE DUC
On rompt des projets plus avancés, et j'ai changé d'avis.
LA DUCHESSE
Comment ?
LE DUC
Lorsqu'à mon lever j'ai vu. ce beau ciel , ces prairies , ces champs peuplés de paisibles cultivateurs , ce réveil de la nature , et cette riante jeunesse animant de la voix et du