ACTE III, SCÈNE IX
Je ne suis pas de trop ?
anïib au roL Souffrez que ma prudence Respecte les secrets que tous pourriez avoir , Sire , et cache l'horreur que je sens à le voir.
Elle sort.
RICHELIEU
Quoi? serais-je indiscret ?. . . . quoi ? ma soudaine entrée. . .
MàME.
Est un excès d'andace , une insolence outrée , Perfide ! ignores-tu que depuis tout un mois Je fais avec courroux dès que je t'aperçois ? Oui , Sire , votre mère abandonne la place De peur de s'échauffer et d'éclater en face.
Elle sort
3CÈVI NEUVIEME.
RICHELIEU et LOUIS XIII.
louis se jetant dans les bras de Richelieu.
Ah l mon cher cardinal , suivez-moi : je ne puis Résoudre rien encore , et ne sais où j'en suis.
RICHELIEU
O bon roi ! permettez qu'un sujet vous conseille D'étouffer les clameurs , d'y fermer votre oreille. Restez maître vous seul , et , sans nous regarder , Ni par eux ni par moi ne vous laissez guider. D'autres qu'on traiterait ainsi que l'on me traite
258 RICHELIEU
Imploreraient , par feinte , une prompte retraite : Je méprise un tel art , et j'ose franchement Vous prier de confondre un vain ressentiment , De redoubler sur moi le poids du ministère , Si cela doit cncor vous être salutaire , De forcer devant moi les haines à ployer, Afin que du conseil fiers de me renvoyer , Votre cour, vos parens jamais ne s'imaginent Que vous leur céderez si leurs brigues s'obstinent. Défendez-moi contre eux ; et de votre seul gré Chassez-moi , par la suite,
LOUIS
Allons ; j'y penserai.
RICHELIEU
Alors , suivant mes goûts, dans quelque lieu champêtre, J'irai vivre paisible et prier pour mon maître.