AUNE
Ainsi , mêmes soupçons , qu'il soit célibataire , Marié, veuf, n'importe ! hélas ! Sire , eh i que faire?
LOUIS
Eh bien ! qu'il se marie , et qu'il n'attende pas Mon trône et votre main au jour de mon trépas.
Vous n'avez point d'enfans : des neveux pourraient naître, Héritiers présomptifs , alarmans pour leur maître.
LOUIS
Eh bien l qu'il reste veuf pour m'ôter cet ennui.
ANNE
Et vous m'accuserez de me garder à lui.
25d MCHELIEU.
LOUIS
Morbleu ! je ne suis pas un tyran qui soupçonne,
Et dès qu'on marche droit je ne gène personne.
Tenez , j'excuse encor le complot infernal
De tous et de Gaston contre le cardinal y
Si votre repentir , sincère , sans grimace ,
Signe : « J'étais coupable , et Louis m'a fait grâce. »
Madame , ce sera votre seul châtiment.
ANNE
Plutôt , Sire , affronter un mortel jugement Que d'avilir ainsi mon rang f votre couronne ! Innocente , de quoi faut-il qu'on me pardonne ? Compagne des travaux du plus humble artisan , Tu ne crains pas chez toi qu'un hardi courtisan Au cœur de ton mari verse une haine affreuse,; Dans ton ménage obscur que je te trouve heureuse I
A peine je reviens de ma confusion....
Elle est au comble.... hélas ! au retour de Lyon , N'avez-vous pas promis d'écraser la- vipère Qui souille de venin la reine et votre mère , Qui siffle en votre cœur avec méchanceté Les récits ?. ... Je le vois ! il entre , l'effronté !
SOÈVS HUITIÈME.