ACTE IV, SCÈNE III
Que vos accroissemens sont comme mb conquêtes , Que si nous paraissons dans les publiques fêtes, Le peuple sur lui seul tient les yeux attaches , Et que par son éclat nous semblons tous cachés , Qu'il vous trompe , bannit , emprisonne tos frères , Couvre de votre sceau mille actes arbitraires... Non , Sire , non , mon fils, je ne peux dominer Le cours de ma fureur que je sens bouillonner. Dût-il hâter ma mort , je dois , pour votre gloire , Vous forcer d'être roi , mon fils. Veuillez m'en croire , Chassez-le ; vengez-vous , épargnez à mes yeux L'insupportable aspect de cet ambitieux.
BicnuBU au roL Est-ce ainsi qu'elle accable un serviteur fidèle , Sire , qui par votre ordre est venu devant elle?
LOUIS
C'est ma mère; à son rang un juste égard est dû... Laissez-nous un moment.
RICHELIEU trOIlblê.
{à part. ) Sire.... Je suis perdu.
Le roi lui bit signe de se retirer.
SOÈVI TROISIEME.
LOUIS Xlll et MARIE DE MÉD1CIS.
LOUIS
Qu'avez-vous fait, Madame? et de quelle tempête
JZ66 RICHELIEU.
Avez-vous donc lancé les éclats sur sa tête ? J'en reste encore ici dans l'étourdissement»
marie toute hors éTêlle. i
Dieu seul a par ma voix tonné subitement. '
Ce transport imprévu qui m'a soudain saisie
Me Tient du ciel , sans doute , et je l'en remercie f
Il chasse loin du trône et sans rémission ,
Un fourbe qui trompait votre religion !
LOUIS
Quel est donc votre espoir? Cet homme est nécessaire* Il conduit bien l'Etat, je ne puis m'en défaire. Quel ministre , Madame , eut les regards plus nets Et les yeux mieux ouverts sur tous les cabinets ! Il contient l'Italie et toute l'Allemagne ; Ferdinand en Autriche , et Philippe en Espagne , Ne peuvent de sa marche arrêter les progrès.
Richelieu bat partout le comte Olivarès.
L'affaire de CazaI est la dernière marque De son habileté. Certe , il fait le monarque , Et m'a par ses hauteurs offensé quelquefois ; Mais j'attends qu'il ait mis nos rivaux aux abois Pour le congédier sans péril, sans secousse.
Faut-il qu'imprudemment mon dépit le repousse , Et me précipiter en d'affreux embarras , Et voir mille étrangers me tomber sur les bras? Ne m'a-t-il pas couvert d'une gloire immortelle En Flandre, en Valteline , à Rome , à La Rochelle? Il me rend de la foi l'honorable soutien , Saisit le fil de tout , le débrouille si bien , Que je craindrais sans lui , qui connaît leur système ,