‹ Comédies historiquesChapitre 180 sur 260 · ACTE IV, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIII

Vous qui déjà n'osiez accepter mes dînes !

Lorsqu'à jouer ce jeu , Messieurs , on se hasarde , A la moindre vétille il faut bien prendre garde. Un mot est payé cher. Mes pieds vous fouleront. Reptiles insolens, qui releviez le front !

JOSEPH

11 valait mieux pour eux, sans courir la fortune ,

Ne s'attacher qu'à vous. Moi , qui n'en cherche aucune ,

Je vous suivais pourtant dans ce péril nouveau,

Et ne me flattais plus d'obtenir le chapeau.

RICHELIEU

Le temps m'acquittera d'un intérêt si tendre , Mon père. En mon palais allez , allez m'attendre.

JOSEPH

Vous obtiendrez la palme et j'en serai ravi.

Car, dit le psaume , in le , Domine , speravi

BCiVI HUITIÉMI.

RICHELIEU seul.

Superbe, aux yeux du roi que ton front s'humilie ;

Prends un ton doux, apaise et caresse , et supplie ;

Flatte , en un mot. Ton cœur ne doit pas répugner

Aux adulations qui mènent à régner.

En de hauts intérêts nul soin ne nous abaisse ;

Et loin d'être fierté , ce serait petitesse

Qu'au sein de son malheur follement se roidir,

Quand des soumission? nous doivent agrandir.

27S RICHELIEU

Qu'un sage obscur et Tain de scrupule se pique , Tout change en mes pareils : souplesse est politique. On marche ; c'est le roi.

SOàVE NZVTliME.

RICHELIEU et LOUIS XIII.

homs froidement .

Je ne m'attendais pas A vous trouver encore en ce lieu , sur mes pas.

De Votre Majesté ce reproche sensible

Redouble mes chagrins , Sire ; il n'est plus possible

Que rien , non , rien au monde , ébranle le projet

Qui conduit deTant tous un fidèle sujet.

Mais puis-je m'expliquer sans que mon roi s'offeàse?

LOUIS

Parlez.

RICHELIEU

J'ai cru tantôt qu'avec perséTérance Je deTais , repoussant un parti détracteur, De mes charges encor souffrir la pesanteur.

La haine s'en accroît, qu'elle soit satisfaite. Je Tiens comme un bienfait demander ma retraite ; Et n'aurai point l'orgueil de prétendre asserrir La mère d'un grand roi que je voulais servir. Mon vaste ministère excite des cabales Qui prêtent au public trop d'objets dé scandales,

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