‹ Comédies historiquesChapitre 249 sur 260 · ACTE 111, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE VI

NAIS

Vos gens me refusaient le passage, et tous seriez injuste de tous en prendre à l'infidélité de ce bon Théôclès.

ALCIBIADE

Ah ! ce bon Théôclès ! vous le défendez parce qu'il est votre complice.

Il n'a fait qu'obéir aux volontés de votre épouse....

THEOCLES.

Oui , la dame Ypparette a exigé. . . .

ALCIBIA.DE.

Vous avez donc sollicité le secours de ma femme contre moi , fille imprudente !

NAIS

Oui ; je ne pouvais fuir que par son assistance.

ALCIBIADE

Et quelle terreur vous agitait?... Aviez-vous sujet de me craindre?.... Ah! ah! savez-vous que l'injustice des soupçons inspire quelquefois l'envie de commettre les fautes dont on est présumé capable ?

NAIS

Vous m'effrayez. . . .

ALCIBIADE

Ma présence ne me fera pas plus redouter de vous que votre imagination. En quoi * répondez , méritai-je de vous causer tant d'alarmes ?

NAIS

Leticippe est venu ; vos gens m'ont empêchée de le rejoindre ; et la peur m'a prise.

ALCIBIADE

Et vous ayez tout compté aux oreilles de ma femme ! Où donc alliez-vous , en sortant ?

NAIS

Chez la mère de Leucippe, Votre Ypparette l'en a fait prévenir en lui recommandant bien de vous taire ce secret. Vous voyez ; je vous déclare tout et vous prouve encore ma confiance , Seigneur.

ALCIBIADE

Leucippe a dû sourire à ce complot ?

THÉOCLÈS.

A peine ai-je eu le temps de lui en dire deux mots : à la même minute , vous avez rencontré cette belle avec sa compagne. Il les croit toutes deux chez sa mère , à cette heure.

ALCIBIADE

Téméraire ! ni toi , ni lui , vous n'éviterez votre châtiment.

THÉOCLÈS.

Nous avons le droit des gens qui nous préserve, comme citoyens.

ALCIBIADE

Et moi , les droits de la guerre sur mes ennemis. Je vous fais mes captifs et vous traite en ilotes , à la Spartiate.

THÉOCLÈS.

En effet , vous êtes laconique.

ALCIBIADE

Cours vers Leucippe et répète-lui que Nais est chez sa mère. Garde-toi de lui révéler qu'elle soit encore sous nos clefs : garde-t-en bien , par la mort !

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